Liquidation judiciaire de Brandt : un projet de reprise présenté par l'industriel français Thomson Computing prévoit de sauver 150 emplois à Orléans

L'homme d'affaires Stephan Français, patron de Thomson Computing, a présenté un projet de reprise du site d'Orléans du groupe d'électroménager Brandt, en liquidation judiciaire, mercredi 24 décembre lors d'une conférence de presse à Orléans (Loiret). Le plan prévoit d'embaucher 150 salariés dans un premier temps, contre 350 actuellement dans cette usine de l'ancien fleuron industriel français. Le projet vise à poursuivre une partie de la production d'électroménager, et à y ajouter celle de produits électroniques. "Progressivement, si les résultats sont là, on embauchera", a déclaré Stephan Français, évoquant "jusqu'à 250 salariés sur un plan à cinq ans".

"Aujourd'hui nous avons une solution de reprise, de redémarrage, de renouveau, (...) elle s'appelle Stephan Français", a déclaré le maire d'Orléans, Serge Grouard, qualifiant le projet de "sérieux" même s'il présente une "part de risque". "Il faut aller très vite pour relancer la machine, relancer la production, garder un cœur de salariés et garder le plus de clients possible", a martelé l'élu.

Le 11 décembre, la justice a prononcé la liquidation judiciaire du groupe d'électroménager. Quelque 700 emplois du groupe devaient être supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre. La justice avait alors rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois. 

Un appel d'offres lancé en janvier

Brandt était en grande difficulté(Nouvelle fenêtre) depuis son placement en redressement judiciaire, début octobre. L'entreprise a subi notamment les conséquences de la crise vécue par le secteur du gros électroménager, liée à celle de l'immobilier. Ce secteur a subi l'an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.

Un appel d'offres pour la reprise de l'usine doit être lancé courant janvier, a précisé Bercy. Mercredi, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a appelé à "l'évaluation rigoureuse de la solidité des projets et à l’examen de toutes les options dans un esprit de responsabilité", dans un communiqué transmis à France Inter. "Toute piste de reprise mérite d’être examinée avec attention, mais aucune ne saurait être tenue pour acquise sans un travail d’analyse approfondi", a-t-il ajouté.