REPORTAGE. "On n’a pas envie de travailler, juste de dormir” : exil, vitamine D, UV ou vin chaud, les Suédois luttent contre le manque de soleil

À Stockholm, à cette période, il fait jour pendant six heures. Pourtant, cette année, dans ce court laps de temps, le soleil n'a pas daigné apparaître plus de 30 minutes en décembre, contre 30 à 40 heures de soleil par mois habituellement. Et le manque se fait bien sentir. "Tout le monde est déprimé et fatigué, commente Aydin. On n'a pas envie de travailler, juste de dormir !" "C'est clair que ce n'est pas la grande forme, confirme Kegen. Ce n'est pas comme si on sautait du lit le matin. Je crois que j'ai réussi à éviter la dépression jusqu'à présent mais c'est un peu inévitable à cette période de l'année".

En Suède, on estime qu'environ 10 à 20% de la population souffre de symptômes liés à la dépression saisonnière. Pour beaucoup, la clé est de ne pas rester enfermé, de bouger et de socialiser le plus possible. Morten et Amélie, eux, ont opté pour quelque chose de plus radical. "Il faut partir d'ici !", lance Morten. Et "c'est ce qu'on fait jeudi, enchaîne Amélie.

"On part en Italie. On a encore deux jours à tenir !”

Amélie, une Stockholmoise en manque de soleil

à franceinfo

Le petit Valentin fait du coloriage à la maison avec son père Victor qui doit redoubler d'imagination pour occuper ses enfants. "On reste un petit peu plus à la maison par ces temps-là, donc coloriage, Lego, un peu tout ce qu'il nous passe sous la main, explique le jeune père. C'est clair qu'au prochain rayon de soleil, les familles comme nous risquent de toutes se ruer vers les parcs".

En attendant le retour du soleil, cette famille franco-suédoise est sous vitamine D. Dans un placard de la cuisine, les stocks ont déjà été bien entamés. "C'est une par jour globalement, qu'on prend le matin avant de commencer la journée. Ça aide d'avoir ce petit supplément, explique Victor. On n'en est pas encore venu aux lampes à UV. À voir dans quelques années, mais pas pour le moment".

D'autres comme Magnus et Martin ont passé ce cap. On les retrouve en peignoir dans un café-bar adjacent à un spa, où leurs pores emmagasinent toute la lumière des lampes à UV accrochées au plafond. "Il fait bon et chaud comme dans le sud de la France", se réjouit Magnus. "On a besoin de ce genre d'échappatoire pour survivre", renchérit Matin.

Malgré les infinies couches de nuages au-dessus de leurs têtes, beaucoup de Suédois comme Jeanette gardent tout de même le moral. "On prend du vin chaud et on est heureuse !", propose-t-elle en riant. Les Suédois ont un vœu en commun pour Noël : que la neige vienne illuminer les rues de la capitale.