Près de 150 000 personnes se sont réunies pour assister mardi 2 décembre à la messe que le pape Léon XIV préside à Beyrouth. Un moment fort de sa visite au Liban où il a délivré un message de paix et d'unité. Avant cela, le pape s'est recueilli sur les lieux de l'explosion du port avec les familles de victimes. Le 4 août 2020, la gigantesque explosion de 2 750 tonnes de nitrate d'aluminium avait tué 235 personnes et détruit une partie de la ville, faisant également 6 500 blessés. franceinfo a rencontré Cécile Roukhoz, une femme qui a perdu son frère ce jour-là.
C'est au bord de la voie rapide, avec vue sur le port et le silo à grains largement détruit par l'explosion que se trouve le lieu désormais dédié aux victimes. L'été dernier, une oliveraie a été inaugurée, avec les noms des victimes au pied de chaque arbre. "Là, c'est l'olivier de mon frère Joseph Roukhoz", indique Cécile.
"Ici, ils sont habitués à l'impunité"
De l'autre côté, dans le quartier qui borde la voie rapide, la reconstruction est presque achevée. "Tout ce qui est matériel, on peut le réparer", rappelle Cécile. Mais, alors que l'enquête a été bloquée pendant trois ans, un sentiment domine chez elle : "la rage", lance-t-elle. "Ils veulent faire croire que c'était un simple accident car, ici, au Liban, ils sont habitués à l'impunité. Mais maintenant, avec le nouveau président, les choses vont mieux", assure-t-elle.
Sur le plan du droit, de hauts responsables ont été interrogés, mais c'est sur le plan moral que la visite du pape est importante à ses yeux. "On est très émus. Même si c'est une prière silencieuse, la visite en soi est un message de vérité et de justice", explique Cécile Roukhoz Concernant l'enquête, une audience d'extradition du propriétaire du navire qui avait transporté le nitrate d'aluminium doit se tenir la semaine prochaine en Bulgarie.