Un appel à la réconciliation. Le pape Léon XIV a exhorté dimanche 30 novembre les Libanais à "rester" dans leur pays, où l'effondrement économique a aggravé l'émigration massive, et appelé à la "réconciliation" pour surmonter les profonds clivages politiques et communautaires dans le pays. Arrivé de Turquie dans le cadre de son premier déplacement international, Léon XIV est venu porteur d'un message de paix au Liban, qui craint le retour d'un conflit ouvert avec Israël.
Dans un discours au palais présidentiel peu après son arrivée, il a insisté sur la situation intérieure et la nécessité d'œuvrer pour la "paix" - un mot répété 27 fois - sans évoquer les tensions régionales ni les récents bombardements israéliens. "Il arrive parfois qu'il soit plus facile de fuir ou, tout simplement, plus pratique d'aller ailleurs. Il faut vraiment du courage et de la clairvoyance pour rester ou revenir dans son pays", a-t-il déclaré.
"La voie difficile de la réconciliation"
L'effondrement économique depuis 2019 a accentué l'émigration massive depuis le pays, notamment des jeunes parmi lesquels un grand nombre de chrétiens. "Nous savons que l'incertitude, la violence, la pauvreté et bien d'autres menaces provoquent ici, comme ailleurs dans le monde, une hémorragie de jeunes et de familles qui cherchent un avenir ailleurs, même si cela leur cause une grande souffrance de quitter leur patrie", a poursuivi Léon XIV.
En l'absence de chiffres officiels, un centre de recherche indépendant, al-Doualiya, estime que 800.000 Libanais ont émigré entre 2012 et 2024. La population actuelle est estimée à 5,8 millions d'habitants, dont plus d'un million de réfugiés syriens.
Dans son discours devant les responsables, la société civile et le corps diplomatique, accueilli par des applaudissements, le pape américain a appelé le Liban à "emprunter la voie difficile de la réconciliation" pour refermer les "blessures personnelles et collectives". "Si elles ne sont pas soignées, si l'on ne travaille pas à une guérison de la mémoire, à un rapprochement entre ceux qui ont subi des torts et des injustices, il sera difficile d'avancer vers la paix", a-t-il mis en garde.