Le pape démarre son premier voyage international physique jeudi 27 novembre, après avoir rendu visite aux États-Unis via visioconférence. Il sera accueilli par le président Recep Tayyip Erdogan à Ankara avant de visiter notamment Istanbul. Il décollera dimanche dans l'après-midi pour le Liban.
En Turquie, la liberté est limitée pour la poignée de chrétiens. Le frère Pugliese est le supérieur des capucins dans le pays. "On doit s'en tenir à notre fonction de prêtre, explique-t-il. On nous assigne un rôle duquel on ne doit pas sortir sous peine de sanctions importantes."
Léon vient les soutenir, échanger aussi avec un Erdogan qui comme lui veut être un médiateur dans les conflits. Mais l’essentiel se joue avec le patriarche orthodoxe. Selon Alessia Chiriatti, spécialiste de la Turquie, "il est essentiel pour le Saint-Siège de maintenir un rapport constant avec le patriarcat de Constantinople. C'est le point central du voyage", souligne-t-elle. Dans l’antique Nicée, ils célébreront les 1 700 ans du concile où fut rédigé le credo commun aux orthodoxes et aux catholiques, avant de se rendre au Liban.
À Beyrouth, le pape prévoit un recueillement sur le lieu de l’explosion sur le port de Beyrouth et une rencontre avec les jeunes, dans un pays en crise permanente. Nayla Tabbara a fondé une ONG qui rassemble chrétiens et musulmans et exprime la réticence d'un peuple tiraillé : "Nous sommes assez blasés. On ne connaît pas assez le pape Léon et on a besoin de voir s'il va nous inspirer pour permettre à l'enthousiasme de ressurgir". Le slogan du voyage papal, sur ces terres à proximité d'Israël, est : "Heureux les artisans de paix."