Le terme d’« annulation » n’est pas encore officiellement utilisé. Mais difficile d’imaginer une autre issue pour le Festival international de la bande dessinée (FIBD).
Dans un e-mail, consulté par le journal Le Monde, envoyé à certains de ses partenaires, 9ᵉ Art +, la société privée qui gère la manifestation depuis 2007 annonce la « mise à l’arrêt » de l’organisation de la prochaine édition qui devait tenir du 29 janvier au 1er février 2026.
Le boycott s’intensifie face à la gestion contestée du Festival d’Angoulême
« Nous vous informons que la production de l’édition 2026 du Festival d’Angoulême est, à ce jour, mise à l’arrêt. Nous reviendrons vers vous très prochainement pour vous apporter plus de précisions. Merci de votre compréhension », écrit la directrice commerciale, Noémie de La Soujeole, à l’adresse de ses destinataires.
Cette mise en retrait probable vient ponctuer presque un an de tension dont l’origine aura été la révélation, dans L’Humanité Magazine, en janvier 2025, du licenciement d’une salariée de 9e Art + après que celle-ci a porté plainte pour un viol qu’elle dit avoir subi pendant l’édition 2024 du festival.
Des accusation gravissimes qui se sont ajoutée à la défiance de la profession vis-à-vis de la société 9eArt+, pilotée par Franck Bondoux, régulièrement pointée du doigt, notamment par la cour régionale des comptes en 2022, pour son opacité comptable et la brutalité de son management.
Tout s’est enflammé avec le lancement, par l’association propriétaire du FIBD, du nouvel appel d’offres destiné à désigner le prochain opérateur pour un contrat de neuf ans à partir de 2028. Parmi les candidats finalistes : 9e Art+ ! Les appels au boycott ont alors commencé à s’étoffer.
Les acteurs de la BD exigent plus de transparence et d’écoute
Avec des signatures, comme celle d’Anouk Ricard, Grand Prix lors de l’édition 2025, mais aussi d’une vingtaine d’anciens lauréats et de quelque 285 autrices en colère.
Face à la bronca, les pouvoirs publics – également financeurs – ont fini par trancher : exit 9e Art+ et Delphine Groux, la patronne de l’association du FIBD. Et mise en place d’un nouvel appel à projets où décideurs publics, auteurs et éditeurs auront leur mot à dire.
Problème : 9e Art+ restait encore, contractuellement, aux manettes de l’édition 2026. Un repoussoir pour nombre d’acteurs de la BD qui ont continué à annoncé leur boycott d’Angoulême. Jusqu’à ce que, semble-t-il, 9eArt+ finisse par lâcher l’affaire.
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