BD et romans graphiques : quatre albums à ne pas rater

L'édition 2026 du Festival international de la BD d'Angoulême est toujours incertaine. Pourtant, le secteur de la bande dessinée continue d'être productif et dynamique. Malgré les prix en hausse, la BD continue de progresser année après année. Comme toute sélection, celle-ci est forcément subjective et non exhaustive. Tour d'horizon avec ces quatre romans graphiques et BD.

"Le Village" de Niko Tackian et Franck Thilliez : au bout du suspens

Ils sont amis, collègues et partagent les mêmes obsessions. Niko Tackian et Franck Thilliez, cocréateurs de la série Alex et Hugo. Les Aventuriers du temps, s'intéressent beaucoup à l'aliénation, à la science, au fantastique et à l'ésotérisme dans leurs romans noirs. Et c'est cette atmosphère qui imprègne Le Village, une BD sombre et complexe. Il y a du Stephen King dans cette œuvre qui débute par la découverte de cadavres dans une rivière. Les corps sont intacts en apparence. L'enquête policière bifurque rapidement vers un ailleurs cher aux deux auteurs. À l'horreur succède la terreur. On reconnaît assez vite l'univers des deux confrères. Le trait de Kamil Kochanski affirme avec force cette touche glaciale, clinique, sur une histoire déjà horrifique. Le titre, Le Village, est-il un clin d'œil au film éponyme de M. Night Shyamalan ? Noir, c'est noir…

"Le Village" de Niko Tackian, Franck Thilliez et Kamil Kochanski, éditions Delcourt, 160 pages, 20,50 euros

Couverture de la BD "Le Village" de Niko Tackian, Franck Thilliez et Kamil Kochanski. (EDITIONS DELCOURT)
Couverture de la BD "Le Village" de Niko Tackian, Franck Thilliez et Kamil Kochanski. (EDITIONS DELCOURT)

"Detroit Roma" d'Elene Usdin et Boni : Becki et Summer

Un grand coup de cœur pour cette impressionnante expérience graphique et narrative. Le trait est généreux, affirmé. Detroit Roma est un roadtrip initiatique résolument féministe. Becki et Summer sont en quête de sens et d'identité. À bord d'une vieille voiture, les deux jeunes filles quittent leur ville natale, Detroit (États-Unis), pour se rendre à Rome, dans l'État américain de Géorgie. Au cours de leur périple, les deux amies remontent le temps et se (re)découvrent. Remarquée depuis son premier roman graphique René.e aux Bois dormants, Prix révélation graphique Artemisia 2022 et Grand Prix de la critique ACBD, Elene Usdin, photographe et autrice de BD, et son fils Joseph Boni nous embarquent dans un voyage époustouflant fait de rencontres improbables et de rendez-vous manqués. Le périple offre des surprises visuelles à chaque page. Le mélange des temporalités rend le récit plus addictif. Detroit Roma, sans halte, ni pause. D'un seul trait.

"Detroit Roma", Elene Usdin et Boni, éditions Sarbacane, 365 pages, 35 euros

Couverture de l'album "Detroit Roma" d'Elene Usdin et Boni. (EDITIONS SARBACANE)
Couverture de l'album "Detroit Roma" d'Elene Usdin et Boni. (EDITIONS SARBACANE)

"Mimésia" de Hugues Micol : IA, mon amour

Pour les amateurs de SF et les autres… Mimésia fait l'apologie de la liberté de création d'une manière inattendue. L'histoire se situe dans un futur lointain et dans un empire intergalactique. Les différentes civilisations extraterrestres cohabitent. Sur Terre, l'IA veille à l'uniformisation de la culture. Au nom du bonheur du plus grand nombre. Une police culturelle veille à ce que les œuvres du passé soient désormais inaccessibles. L'ignorance est capitale, l'art dangereux. En cachant un buste du XVe siècle, un groupuscule d'activistes déclenche un puissant mouvement. Et si les robots se rebellaient ? Et s'ils étaient sensibles au beau ? L'auteur de Scalp, la funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage et, plus récemment, de Black-out livre avec beaucoup d'humour et d'ingéniosité une vision optimiste sur le combat entre l'IA (et ce qui se cache derrière) et la liberté. La lutte ne fait que commencer.

"Mimésia", Hughes Micol, éditions Futuropolis, 72 pages, 19 euros

Couverture de la BD "Mimésia" de Hughes Micol. (EDITIONS FUTUROPOLIS)
Couverture de la BD "Mimésia" de Hughes Micol. (EDITIONS FUTUROPOLIS)

"Un dragon en forme de nuage" : le dernier scénario d'Ettore Scola

La parole est à Silvia Scola, fille du grand cinéaste italien Ettore Scola, décédé en 2016. "Tout était là : l'atmosphère étrange de l'histoire, les lumières, les décors… Ettore était ravi. Je l'ai rarement vu aussi heureux d'un travail", confie-t-elle, à propos de cette BD Un dragon en forme de nuage (Il materiale emotivo en italien), fruit d'une collaboration entre le réalisateur d'Affreux, sales et méchants et l'aquarelliste et ami Ivo Milazzo. Le dernier scénario de Ettore Scola, co-écrit avec sa fille, porté à l'écran en 2012 par Sergio Castellitto, est une aventure intellectuelle. C'est l'histoire d'un père veuf qui ne se remet pas de la mort de son épouse et qui reporte tout son amour sur sa fille paraplégique. Un jour, le père dévoué remet tout en question. Ivo Milazzo a su sublimer cette histoire d'amour et narrer un film empêché. Une fable bouleversante, porté par des aquarelles pleines de poésie.

"Un dragon en forme de nuage", Ettore Scola, Jean A. Gili, Ivo Milazzo, éditions Fordis, 128 pages, 245 euros

Couverture de la BD "Un dragon en forme de nuage" d'Ettore Scola et Ivo Milazzo. (EDITIONS FORDIS)
Couverture de la BD "Un dragon en forme de nuage" d'Ettore Scola et Ivo Milazzo. (EDITIONS FORDIS)
Информация на этой странице взята из источника: https://www.franceinfo.fr/culture/bd/bd-et-romans-graphiques-quatre-albums-a-ne-pas-rater_7631006.html