Au cœur de l’Argoat, une terre de révolte bretonne

De la petite ville de Carhaix-Plouguer, la D769 nous mène à 10 km de là, à Poullaouen-Locmaria Berrien, haut lieu de la révolte des Bonnets rouges en 1675, mais cela est une autre histoire… Nous roulons dans le paysage agraire à l’habitat dispersé du Poher, région située entre les crêtes des monts d’Arrée et celles de la Montagne Noire. Poullaouen est un gros bourg juché sur une colline, entouré de prairies et de taillis, de champs et de landes, de bois et de cours d’eau. Parmi ceux-ci, l’Aulne, fleuve côtier de près de 150 km, mais qui est encore un modeste ruisseau lors de la traversée de la commune où il reçoit les eaux de la rivière d’Argent. On peut goûter la fraîcheur de l’Aulne depuis le charmant Pont-ar-Gorret, pont à trois arches (XVIIIe siècle) sur l’ancienne voie romaine reliant Carhaix à Morlaix.

Au nord-ouest, après Locmaria-Berrien (qui a fusionné avec Poullaouen en 2019), on entre sur le territoire d’Huelgoat. C’est ici que nous laissons la voiture sur la vaste et accueillante place Aristide-Briand et gagnons l‘extrémité du lac où se dresse le moulin du Chaos (XIVe siècle), possession ducale, puis royale. En contrebas du moulin débute une magnifique randonnée qui mène dans la forêt d’Huelgoat. Cette dernière forme la partie occidentale de ce qui fut la légendaire forêt de Brocéliande.

La deuxième entreprise industrielle de France au XVIIIe siècle

Le lac d’Huelgoat, étendue d’eau artificielle alimentée par les rivières d’Argent et de Kerbizien, a été creusé à la fin du XVIe siècle et prolongé au XVIIIe siècle par un canal de plusieurs kilomètres encore bien visible pour les besoins en eau de la mine de plomb argentifère de Locmaria-Berrien, connue depuis l’Antiquité. C’est au XVIIIe siècle, avec la création de la Compagnie des mines de Basse-Bretagne en 1732, que l’exploitation du minerai à Huelgoat et Poullaouen connaît un grand essor. La compagnie, qui gère les deux sites, associe mines et fonderies, ces dernières étant réunies à Poullaouen, les centres d’extraction se trouvant sur les deux communes. La compagnie siège à Paris et ses ordres sont exécutés localement par des directeurs et des contremaîtres qui règnent sur 1 500 ouvriers. C’est dire son importance : au XVIIIe siècle, les mines de Basse-Bretagne forment le deuxième site minier et métallurgique de France.

Les hommes travaillent à l’extraction du minerai dans des puits qui s’enfoncent jusqu’à 250 mètres de profondeur, les adolescents de 12 à 16 ans sont au triage pour retirer les roches inutiles, une trentaine de femmes sont affectées au cassage pour séparer les parties métalliques des roches, et une centaine de laveuses nettoient le minerai broyé pour le débarrasser des sables restants. Puis le minerai est envoyé aux fonderies où les postes de travail sont occupés par des hommes. Les conditions sont très difficiles : temps de travail de huit heures en hiver et de seize heures en été (sans pause !), poussières de roche qui pénètrent dans les poumons et provoquent des silicoses ; eau corrosive, glacée en hiver, dans laquelle les laveuses trempent leurs mains à longueur de journée ; épuisant rythme de travail pour les casseuses qui doivent broyer six brouettes entières de minerai par jour à l’aide d’une masse pesant de 6 à 9 kg… Le tout pour un salaire de misère.

La grève des ouvrières-paysannes

Début janvier 1767, la compagnie baisse le maigre salaire des casseuses de Poullaouen pour l’aligner sur celui d’Huelgoat… Ni une ni deux : les casseuses de Poullaouen cessent le travail (le mot « grève » n’existe pas encore).

À Paris, les propriétaires actionnaires ne s’inquiètent pas : ce « caprice » ne durera pas, la rareté du travail proposé fera revenir les récalcitrantes. Or ces ouvrières sont avant tout paysannes, la mine ne leur offre qu’un complément de revenus ; de plus, la paroisse met à leur disposition une caisse de solidarité leur permettant de ne pas souffrir de ce manque à gagner. Refusant donc de se soumettre, les casseuses bloquent la chaîne de production durant cinq semaines… Le 10 février, la compagnie, en manque de minerai, capitule et rappelle les casseuses, acceptant de les payer à la journée et non à la tâche, et avec un salaire plus élevé en été qu’en hiver.

Du passé minier de Poullaouen, il ne reste aujourd’hui pratiquement rien. Par manque de rentabilité, les mines ont périclité au XIXe siècle. Mais la toponymie en garde la trace : lieux-dits La Mine, la Vieille-Mine, rue de la Mine… Pour éviter que ce passé ne s’efface des mémoires, l’Association de sauvegarde de l’ancienne mine a été créée. Un musée a ouvert à Locmaria-Berrien, présentant maquettes, panneaux explicatifs, outils, vidéo, archives. À quelques kilomètres de la Maison de la mine se trouve l’ancien site d’extraction de Locmaria-Berrien, en visite libre toute l’année, ou accompagné par les bénévoles de l’espace muséal en été.

Maison de la mine, Locmaria-Berrien, 29246 Poullaouen. Informations : www.minelocmariaberrien.com, ouvert pendant l’été et toute l’année pour les groupes sur rendez-vous.

Le long de la rivière d’Argent entre légendes et histoire

Commune de départ : Huelgoat (Finistère)
Type de balade : randonnée
Difficulté : moyenne
Durée : 4 heures
Distance : 10 km

  1. Le lac d’Huelgoat, créé pour alimenter en eau le moulin royal, puis agrandi pour les mines.
  2. La rivière d’Argent (18 km) tire son nom des mines qui étaient dans son bassin hydraulique. Elle chute de 20 m et se perd sous le Chaos du moulin. Le moulin date de 1339.
  3. La grotte du Diable, entrée de la route qui mène à l’Enfer.
  4. Après l’amas rocheux, appelé Ménage de la Vierge, suivre l’allée Violette.
  5. Le vieux Pont-Rouge passe sur la rivière d’Argent. C’est un pont de pierres assemblées (il n’est pas rouge) qui daterait de l’époque gauloise.
  6. Le Gouffre où la rivière d’Argent plonge en cascade de 8 mètres.
  7. La mare aux Fées où, à la nuit tombée, les fées se réunissaient pour se coiffer.
  8. Par le sentier le long du canal de l’Argent, on rejoint le village. Jonction entre la mine et le lac, le canal mettait en mouvement les machines servant à l’exploitation du minerai.
  9. La mairie de Huelgoat.

Commune de départ : Huelgoat (Finistère)
Type de balade : randonnée
Difficulté : moyenne
Durée : 4 heures
Distance : 10 km

  1. Le lac d’Huelgoat, créé pour alimenter en eau le moulin royal, puis agrandi pour les mines.
  2. La rivière d’Argent (18 km) tire son nom des mines qui étaient dans son bassin hydraulique. Elle chute de 20 m et se perd sous le Chaos du moulin. Le moulin date de 1339.
  3. La grotte du Diable, entrée de la route qui mène à l’Enfer.
  4. Après l’amas rocheux, appelé Ménage de la Vierge, suivre l’allée Violette.
  5. Le vieux Pont-Rouge passe sur la rivière d’Argent. C’est un pont de pierres assemblées (il n’est pas rouge) qui daterait de l’époque gauloise.
  6. Le Gouffre où la rivière d’Argent plonge en cascade de 8 mètres.
  7. La mare aux Fées où, à la nuit tombée, les fées se réunissaient pour se coiffer.
  8. Par le sentier le long du canal de l’Argent, on rejoint le village. Jonction entre la mine et le lac, le canal mettait en mouvement les machines servant à l’exploitation du minerai.
  9. La mairie de Huelgoat.

Commune de départ : Huelgoat (Finistère)
Type de balade : randonnée
Difficulté : moyenne
Durée : 4 heures
Distance : 10 km

  1. Le lac d’Huelgoat, créé pour alimenter en eau le moulin royal, puis agrandi pour les mines.
  2. La rivière d’Argent (18 km) tire son nom des mines qui étaient dans son bassin hydraulique. Elle chute de 20 m et se perd sous le Chaos du moulin. Le moulin date de 1339.
  3. La grotte du Diable, entrée de la route qui mène à l’Enfer.
  4. Après l’amas rocheux, appelé Ménage de la Vierge, suivre l’allée Violette.
  5. Le vieux Pont-Rouge passe sur la rivière d’Argent. C’est un pont de pierres assemblées (il n’est pas rouge) qui daterait de l’époque gauloise.
  6. Le Gouffre où la rivière d’Argent plonge en cascade de 8 mètres.
  7. La mare aux Fées où, à la nuit tombée, les fées se réunissaient pour se coiffer.
  8. Par le sentier le long du canal de l’Argent, on rejoint le village. Jonction entre la mine et le lac, le canal mettait en mouvement les machines servant à l’exploitation du minerai.
  9. La mairie de Huelgoat.

La Terre de nos batailles

La justice climatique, c’est notre bataille. Celle qui relie luttes environnementales et sociales pour contrer un système capitaliste faisant ventre de tout. Du vivant, de la planète, de notre humanité.

Il n’y a pas de fatalité.

  • Nous démasquons les manipulations des lobbies.
  • Nous battons en brèche les dénis climatiques mortifères.
  • Nous mettons en valeur les initiatives visant à réduire les inégalités environnementales et les fractures sociales.

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