Les faits se sont déroulés chez la victime, dimanche dernier, dans un village proche de Libourne. L'homme âgé de 40 ans, qui avait lancé de la soude caustique au visage de sa compagne, a été condamné par le tribunal judiciaire de Libourne à cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis, ce jeudi. Il a donc été maintenu en détention où il avait été placé provisoirement après son arrestation, mercredi. Le prévenu doit aussi respecter une obligation de soins pour bénéficier de son sursis probatoire et indemniser la victime qui a subi plus de huit jours d'ITT.
En couple depuis un an avec le prévenu, la victime s’est présentée à l'audience avec un turban rouge lui dissimulant une partie du crâne. La soude caustique est en effet un produit chimique corrosif, susceptible de provoquer des lésions cutanées et oculaires ainsi que des irritations de la peau. En l'occurrence, cette femme a notamment subi une perte de cheveux «dissous» par le produit, selon le président du tribunal.
Contexte «alcoolisé»
«J'ai très mal et j'ai très peur. Il a pété un plomb», a déclaré la victime en décrivant la scène qui s'est déroulée dans un contexte alcoolisé et en présence de l'une de ses deux filles. Selon son récit, qui diffère de celui son conjoint, celui-ci lui aurait lancé au visage le produit ménager, préparé pour déboucher un évier.
Ce dernier, lui plaide, un accident au cours d'une dispute. «Elle ne savait pas ce que c'était [la mixture de soude, NDRL], c'est moi qui l'ai préparé», a assuré le prévenu, jogging noir et barbe bien taillée, avant de décrire une escalade de jets de projectiles entre eux. «J'ai reçu un verre d'eau, j'ai jeté un œuf. J'ai reçu un verre de vinaigre et elle s'est approchée avec un verre de produit [la soude, NDRL]. J'ai lancé ma main pour dégager le verre», a-t-il allégué, plaidant une aspersion accidentelle.
Retrait d'autorité parentale
Des explications qui n'ont pas convaincu le tribunal judiciaire de Libourne. Leurs enfants respectifs ont témoigné de querelles récurrentes au sein du couple. Le prévenu a également été condamné à une interdiction de contact avec la victime et de port d'arme pendant trois ans. Dans un contexte de disputes violentes et récurrentes au sein du ménage, dont ont témoigné les enfants respectifs du couple, le prévenu a également été frappé d’un retrait de l'autorité parentale de son fils âgé de 17 ans.