Blocus naval des États-Unis contre le Venezuela : des experts de l’ONU dénoncent une « agression armée illégale » en violation du droit international

Les bombardements de bateaux au large du Venezuela, sous couvert de lutte contre le narcotrafic, orchestrés par l’administration Trump qui au passage s’est emparée de deux pétroliers, sont une « agression armée illégale » qui viole les règles du droit international, ont dénoncé ce mercredi 24 décembre des experts de l’ONU.

« Il n’existe aucun droit d’imposer unilatéralement des sanctions par un blocus armé », ont déclaré dans un communiqué ces experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’expriment toutefois pas au nom de l’organisation.

Le blocus, imposé contre des pétroliers considérés comme étant sous sanctions, constitue selon eux « un usage interdit de la force militaire » contre un autre État, en vertu de l’article 2 de la Charte des Nations unies.

« Il s’agit d’un usage de la force si grave qu’il est expressément reconnu comme une agression armée illégale au sens de la définition de l’agression adoptée par l’Assemblée générale en 1974 », ont-ils encore précisé, indiquant que cela confère en principe « à l’État victime un droit de légitime défense ».

« Aucune des personnes tuées ne représentait une menace immédiate »

L’opération déclenchée par Donald Trump qui rêve de voir son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, quitté ses fonctions, a fait au moins 105 morts dans les bombardements de bateaux accusés, sans que des preuves ne soient apportées, de narcotrafic.

« Selon les informations disponibles, aucune des personnes tuées jusqu’à présent ne représentait une menace immédiate justifiant le recours à la force létale », ont relevé les experts.

« Ces exécutions constituent des violations du droit à la vie. Elles doivent faire l’objet d’une enquête et les responsables doivent être traduits en justice. Dans l’intervalle, le Congrès américain devrait intervenir pour prévenir de nouvelles attaques et lever le blocus », ont-ils insisté.

La veille de la publication de ce communiqué, le représentant du Venezuela à l’ONU a accusé les États-Unis de mener la « plus grande extorsion de notre histoire ».

« Nous sommes en présence d’une puissance qui agit en dehors du droit international, exigeant que les Vénézuéliens quittent notre pays et le lui cèdent (…) Sinon, il (Donald Trump) mènera une attaque armée, qu’il annonce depuis des semaines. Il s’agit là de la plus grande extorsion connue dans notre histoire », a lancé Samuel Moncada, mardi 23 décembre, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, soutenu par la Russie et la Chine qui qualifient respectivement la pression militaire et économique exercée de « comportement de cow-boy » et d’« intimidation ».

« Les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger notre hémisphère, nos frontières et le peuple américain », a répliqué l’ambassadeur Mike Waltz, réitérant les accusations de Donald Trump à l’encontre de Nicolás Maduro qualifié de « fugitif recherché par la justice américaine et le chef de l’organisation terroriste étrangère le ”Cartel de los Soles”». Une organisation dont l’existence reste à démontrer selon de nombreux experts. La violation du droit international par la première puissance mondiale, elle, est bien réelle.

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