L’un des plus gros procès pour maltraitance animale s’ouvre ce mercredi au tribunal d’Avesnes-sur-Helpe dans le Nord. Six prévenus comparaissent pour 44 délits, dont «actes de cruauté envers les animaux», «blanchiment d’argent», ou encore «exercice illégal de la profession de vétérinaire», relate La Dépêche .
Au total «379 chiens d’élevage, trois animaux de ferme, une cinquantaine de volatiles et deux animaux exotiques entrant dans la catégorie des nouveaux animaux de compagnie » avaient été appréhendés, soumis à un contrôle vétérinaire et confiés à la SPA (société protectrice des animaux)», avait indiqué le procureur d’Avesnes-sur-Helpe, Laurent Dumaine, dans un communiqué datant de mars 2023. Les suspects risquent jusqu’à cinq ans de prison et 500.000 euros d’amende.
«Sévices graves»
Pour ce procès, plusieurs associations ont décidé de se constituer partie civile, comme notamment la Fondation Brigitte Bardot et la SPA. Les élevages visés, qui relèvent du ressort du tribunal d’Avesnes-sur-Helpe (Nord) et d’Amiens (Somme), sont poursuivis pour «sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux domestiques, apprivoisés ou captifs», menée par la division nationale de lutte contre la maltraitance animale, créée le 1er janvier 2023, avait précisé le procureur. Le plus gros, l’élevage de «La patte d’Or», abritait de nombreux cadavres de chiots et de chiens adultes dont certains avaient été retrouvés enterrés ou et dans des congélateurs.
Laurent Dumaine avait fait «de la lutte contre les infractions de droit pénal environnemental, dont les infractions de maltraitance animale, l’une des priorités de sa politique pénale pour l’année 2023», ajoutait-il.
«Je n’ai jamais eu un chien aussi traumatisé»
Ces élevages, Marc* les connaît très bien. Gérant d’une structure privée qui recueille des Bergers Allemands en Vendée, l’homme a déjà eu affaire à des chiens issus de l’élevage de la «Patte d’or». Une amie l’avait contacté afin de venir en aide à deux chiennes Bergère Allemande -la mère et la fille- qu’il était impossible de mettre à l’adoption. «Ces deux chiennes faisaient partie de cette saisie pour lesquelles de graves traumatismes psychologiques étaient présents et ne pouvaient être approchées par l’humain», nous indique Marc. La mère souffrait notamment d’«une grave négligence de soin lui ayant entraîné une infection de l’oreille», une otite profonde qui nécessite encore aujourd’hui de nombreux soins.
«Après avoir rééduqué plus d’une centaine de chiens depuis 40 ans que je suis dans la protection animale, je peux vous dire que je n’ai jamais eu un chien aussi traumatisé», témoigne Marc pour Le Figaro. L’éducateur explique que le canidé reste très craintif. «Le moindre bruit le fait sursauter ou uriner de peur», poursuit Marc en ajoutant que ce travail «demande énormément d’investissement en temps» mais aussi en termes financiers et de patience. «Il lui faudra sans doute encore beaucoup de mois, voire d’années avant d’être vraiment elle-même et offrir tout l’amour qu’elle est capable de donner.»
*Le prénom a été modifié.