Un Français, deux rabbins, un survivant de la Shoah : qui sont les victimes de l’attaque antisémite à Sydney ?

La communauté juive une nouvelle fois ensanglantée par le terrorisme. Vers 18h45 samedi soir, deux assaillants — un père et son fils — ont tiré dans une foule réunie sur la plage de Bondi à Sydney pour la fête juive de Hanoukka. Quinze personnes ont perdu la vie sous les balles des deux tireurs. Parmi eux : un survivant de la Shoah, un rabbin, une fillette... Les profils des victimes se précisent.

Un Français, Dan Elkayam

Son visage souriant était partagé depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux, accompagné de messages de proches implorant quiconque ayant des informations «permettant de savoir s’il va bien» de «nous contacter». Peu après 19 heures, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a finalement confirmé la mort de Dan Elkayam.

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Âgé de 27 ans, ce dernier, originaire du Bourget (Île-de-France) et de confession juive, avait déménagé en décembre 2024 à Sydney, en Australie, pour travailler comme analyste informatique, selon son compte LinkedIn. Après des études à Montreuil et Créteil, en banlieue parisienne, il avait obtenu un master en génie informatique spécialisé dans les systèmes et réseaux en septembre 2022. Ces dernières années, le Français voyageait beaucoup et le partageait avec ses abonnés sur les réseaux sociaux.

Deux rabbins

Eli Schlanger, âgé de 41 ans, participait à l’organisation de la fête de Hanoukka lorsqu’il a été abattu. Né à Londres (Royaume-Uni), il avait cinq enfants, dont un dernier né il y a six semaines, selon 9News. «La famille est brisée», a ainsi déploré son beau-frère, le rabbin Mendel Kastel.

«Il sillonnait les routes en voiture, faisait des dons à des œuvres caritatives, nourrissait les nécessiteux et rendait visite aux prisonniers. Il vivait pour faire le bien», a déclaré Alex Ryvchin, du Conseil exécutif de la communauté juive australienne, à The Australian . Eli Schlanger était aumônier auprès de plusieurs structures, comme les services correctionnels de Nouvelle-Galles-du-Sud ou l’hôpital Saint-Vincent de Sydney.

Un deuxième rabbin de la synagogue Chabad de Bondi, Yaakov Levitan, a été identifié comme la dernière victime de la fusillade, indique encore le quotidien local. Ce dernier travaillait notamment au Beth Din de Sydney, situé sur Wellington Street à Bondi Beach, qui offre des services culturels à la communauté juive à titre caritatif.

Un survivant de l’Holocauste

Survivre à l’Holocauste pour tomber sous les balles terroristes. Alex Kleytman, 87 ans, originaire d’Ukraine, fait aussi partie des victimes. «Il accompagnait sa femme Larisa. Il est mort en la protégeant des balles du tireur », a déclaré l’organisation juive hassidique Chabad dans un communiqué. «Nous étions debout quand soudain, il y a eu un grand boum, et tout le monde est tombé. À ce moment-là, il était derrière moi et, à un instant, il a décidé de s’approcher. Il s’est redressé pour rester près de moi... Je ne sais pas quoi faire», a déclaré, très choquée, sa femme Larisa auprès de The Australian. Le couple s’était installé en Australie voici plusieurs décennies, et avait deux enfants et onze petits-enfants.

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Larisa et Alex Kleytman ont tous deux survécu à l’Holocauste et ont raconté leur expérience à l’organisation caritative juive australienne JewishCare en 2023. « Enfants, Larisa et Alexander ont tous deux été confrontés à l’horreur indicible de l’Holocauste. Les souvenirs d’Alex sont particulièrement poignants ; il évoque les conditions épouvantables en Sibérie où, avec sa mère et son jeune frère, il s’est battu pour survivre », indique le rapport annuel de JewishCare cité par le média.

Une enfant de dix ans

Mathilda est la plus jeune victime du massacre. Elle se trouvait aux festivités de Hanoukka avec sa famille, notamment sa sœur de six ans. «Nous nous souvenons de Matilda avec amour, chagrin et une profonde tristesse, et nous honorons sa mémoire en nous unissant dans la compassion», a indiqué son ancienne école primaire, la Harmony Russian School de Sydney.

«J’étais la professeure de langues de Matilda, et je la connaissais comme une enfant brillante, joyeuse et pleine de vie qui illuminait le quotidien de tous ceux qui l’entouraient»indique une cagnotte GoFundMe, qui lui est dédiée. À midi ce lundi, plus de 320.000 dollars avaient déjà été récoltés en son honneur.

Tibor Weitzen, arrière-grand-père de 78 ans

Le petit-fils de ce membre très apprécié de la synagogue Chabad de Bondi, Mendy Amzalak, a déclaré à The Australian qu’il s’était précipité sur les lieux de la fusillade pour apporter du secours aux victimes lorsqu’il a découvert le corps de son grand-père. Tibor Weitzen est décédé sur place des suites de ses blessures, en tentant de protéger une amie de leur famille qui a également trouvé la mort dans l’attentat.

«Il était très présent dans la famille ; nous l’avons vu hier encore, il regardait notre fille nager dans la piscine. Je ne me doutais pas que ce serait la dernière fois que nous le verrions», a déclaré Mendy Amzalak. «C’est tout simplement terrible. Honnêtement, je n’ai pas de mots», a témoigné sa petite fille auprès du média 9News. « Nous étions encore avec lui hier. Nous avons pris un café avec lui à Bondi Junction hier, et je ne savais pas que ce serait notre dernier jour ensemble», a-t-elle poursuivi.

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Marika Pogany

Marika Pogany (82 ans) était une bénévole très appréciée de la communauté juive de Sydney. Selon les informations de 9News, elle était assise au premier rang de la fête de Hanoukka. Ses amis ont décrit cette bénévole depuis plus de dix ans comme une « personne extraordinaire ».

Peter Meagher, policier à la retraite

L’ancien policier et habitant de Sydney Peter Meagher figure aussi parmi les victimes. Après avoir pris sa retraite de la police, M. Meagher s’était consacré à sa passion pour la photographie. Il était également très impliqué dans la communauté rugbystique des banlieues est de Sydney, et les hommages sur les réseaux sociaux témoignent de son dévouement au club de Randwick.

«Peter n’a pas seulement servi notre pays en veillant à notre sécurité et au respect des lois. Il a aussi contribué activement à la société grâce à sa passion pour le sport, se dévouant sans relâche », indiquent notamment des messages d’hommage publiés sur Facebook.