Seulement trois mois après la nomination de l’Arabie saoudite comme organisatrice de la coupe du monde en 2034, un premier travailleur migrant est décédé le 12 mars. Muhammad Arshad a fait une chute mortelle sur le chantier du Aramco (nom de la compagnie pétrolière saoudienne) de 47 000 places dans la ville Al Khobar. C’est le quotidien britannique The Guardian, qui a révélé la mort de ce trentenaire, père de trois enfants.
Besix Group, multinationale belge responsable du projet, a confirmé l’accident dans un communiqué : « Trois ouvriers travaillaient en hauteur lorsqu’une plateforme s’est inclinée. Malgré les équipements de sécurité, Arshad n’était pas attaché à un point d’ancrage au moment du drame. Transporté à l’hôpital, il n’a pas survécu ».
Les ONG alertent sur l’exploitation
Muhammad Arshad devient le premier travailleur migrant officiellement à avoir perdu la vie sur l’un des 11 sites de construction du Mondial 2034. Son corps a été rapatrié au Pakistan, où il a été enterré près de son domicile. Une source citée par The Guardian affirme que les ouvriers du site auraient reçu pour consigne de ne pas diffuser d’images de l’accident. Dans son communiqué, Besix a justifié cette interdiction par la volonté de préserver la famille du défunt.
Ce drame ravive les préoccupations quant aux conditions de travail des migrants en Arabie saoudite. En particulier pour les milliers de travailleurs originaires du Bangladesh et du Pakistan, souvent confrontés à une grande précarité. De nombreuses ONG avaient condamné la décision de la FIFA alertant sur les risques d’exploitation et les dangers mortels sur les chantiers saoudiens. À l’époque, Amnesty International avait déclaré : « Les travailleurs migrants seront exploités et beaucoup mourront ».
Une enquête publiée en 2024 avait déjà révélé que certains travailleurs migrants employés au stade présentaient des conditions de travail abusives : frais illégaux, logement sombre et exigu, 10 heures par jour sous 45 °C… « Notre priorité est de veiller à ce que tous les travailleurs soient traités avec dignité et équité », avait réagi Besix.
Avant de partir, une dernière chose…
Contrairement à 90% des médias français aujourd’hui, l’Humanité ne dépend ni de grands groupes ni de milliardaires. Cela signifie que :
- nous vous apportons des informations impartiales, sans compromis. Mais aussi que
- nous n’avons pas les moyens financiers dont bénéficient les autres médias.
L’information indépendante et de qualité a un coût. Payez-le.
Je veux en savoir plus