Municipales à Paris : Renaissance soutient Bournazel au détriment de Dati, Attal «croit plutôt à l’apaisement qu’à la brutalité»

Municipales à Paris : Renaissance soutient Bournazel au détriment de Dati, Attal «croit plutôt à l’apaisement qu’à la brutalité»

Invité jeudi soir de RTL, le secrétaire général du parti présidentiel a affirmé que le ralliement à la candidature de Pierre-Yves Bournazel relevait d’une décision «collective», prise «non pas contre qui que ce soit, mais pour un projet».

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La précampagne parisienne commence sous haute tension. Depuis que Renaissance a officialisé son soutien au philippiste Pierre-Yves Bournazel (Horizons) pour les municipales de mars 2026, au détriment de Rachida Dati - longtemps pressentie pour recevoir cette investiture en plus de celle des Républicains -, le patron du parti présidentiel, Gabriel Attal, et la ministre de la Culture, se livrent une bataille jalonnée de piques et de remarques acides. Un affrontement que leurs entourages respectifs alimentent par médias interposés soufflant tour à tour le chaud et le froid.

Si, fin octobre, la maire du 7e arrondissement de la capitale assurait sur LCI que cette décision «ne changeait» ni sa «vie», ni sa «campagne», ni sa «volonté de victoire et de conquête», Rachida Dati n’en avait pas moins interpellé l’ancien premier ministre, l’exhortant à s’«expliquer devant les Parisiens» sur le fait de «s’allier à quelqu’un qui appelle à la démission du président de la République» - une allusion directe au surprenant appel d’Édouard Philippe à organiser une présidentielle anticipée après l’adoption du budget, qui a troublé le camp Macron.

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En début de semaine sur RTL, elle a ensuite affiché une posture de détachement : «Ça fait un petit moment que je suis en politique... Des entraves et des obstacles en politique, je ne connais que ça, On me donne pour morte depuis 2002, même récemment j’ai entendu certains qui disaient qu’ils allaient s’occuper de moi pour m’éviter de gagner Paris. Je m’en fous», a-t-elle lâché, soulignant avoir eu les «mêmes entraves» lors de la précédente campagne municipale en 2020, où elle portait déjà les couleurs des Républicains face à la macroniste Agnès Buzyn.

Quoi qu’il en soit, Rachida Dati estime que sa forte notoriété et son ancrage à Paris font d’elle la seule capable de ramener la capitale dans le giron de la droite. Signe que son nom s’est imposé comme une véritable marque, capable de transcender les appareils partisans, Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, et le député Renaissance Sylvain Maillard, ont publiquement désavoué la décision de leur parti pour continuer à soutenir l’ancienne sarkozyste.

«On a besoin de souffler»

Malgré l’agitation ambiante, Gabriel Attal reste droit dans ses bottes. Invité jeudi soir de RTL, l’ancien premier ministre a défendu «une décision collective» réunissant les «cadres de Renaissance», prise «non pas contre qui que ce soit mais pour un projet», mais aussi «pour une façon de faire de la politique». «Je crois plutôt à l’apaisement qu’à la brutalité, au rassemblement qu’à la division», a-t-il asséné, visant, sans jamais la citer, Rachida Dati. «On n’avait pas pris de décision auparavant, beaucoup de gens étaient pressentis», a-t-il encore ironisé, avant de s’adresser aux Parisiens.

Ces derniers, selon lui, en ont «marre du vacarme politique au Conseil de Paris», une référence aux échanges houleux entre Rachida Dati et la maire sortante de la capitale, Anne Hidalgo, lors des séances de l’assemblée municipale. «On a besoin un peu de souffler et d’apaisement», a conclu Gabriel Attal, sans garantir que cet appel sera entendu par les électeurs. Un récent sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro et Sud Radio place en effet Rachida Dati toujours en tête au premier tour, devant le socialiste Emmanuel Grégoire et Pierre-Yves Bournazel.