La maire communiste de Vénissieux écrit à Retailleau pour demander des renforts policiers contre le narcotrafic
À la tête de la 3e commune de la métropole de Lyon, Michèle Picard demande l’arrivée d’une compagnie de CRS en attendant le déploiement d’une brigade spécialisée contre le trafic de stupéfiants, comme celle mise en place à Villeurbanne.
Passer la publicité Passer la publicité«Je porte auprès de vous l’urgence exprimée et vécue par les habitants». La maire PCF de Vénissieux, Michèle Picard, a écrit au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR), ce lundi 1er septembre. Le courrier demande un renforcement des forces de police nationale sur le boulevard Ambroise Croizat, miné par le trafic de stupéfiants et ses conséquences pour les riverains. L’édile en place depuis 2009 dans ce fief communiste dénonce une aggravation de l’emprise des réseaux criminels. Elle réclame à Beauvau le positionnement d’une compagnie de CRS sur le secteur en attendant la création d’une brigade dédiée, sur le modèle de ce qui a été mis en place dans le quartier du Tonkin, à Villeurbanne, à quelques kilomètres de là.
«Depuis plusieurs années, je suis interpellée par les bailleurs, syndics et habitants du boulevard Ambroise Croizat qui expriment leur inquiétude et leur colère face à une aggravation de leurs conditions de sécurité en lien avec les points de deal présents en permanence sur cet axe central, point d’entrée de la troisième ville de la métropole de Lyon, écrit ainsi la maire dans sa lettre. Le sentiment d’insécurité des habitants s’est accentué avec la multiplication des fusillades liées au narcotrafic à la fin du mois de juillet qui, fort heureusement, n’ont pas fait de victimes ».
Passer la publicitéGuerre de territoire et ouverture de points de deal
Fin juillet un homme avait été interpellé pour avoir tiré en l’air au niveau du 33, boulevard Ambroise Croizat. Un autre l’a été début août pour s’être débarrassé d’un sac contenant une arme de poing. Ces faits pourraient être liés au trafic de stupéfiants, sur fond de tentative d’appropriation des points de deal par des trafiquants, estime la préfecture du Rhône. Elle a réagi en déployant sur place la CRS 83, spécialisée dans les émeutes urbaines, plusieurs soirs début août et régulièrement depuis. Les effectifs de police en tenue et en civil ont été renforcés de jour comme de nuit, assurent les services de l’État. La préfecture se félicite de l’impact «très significatif», de ce déploiement.
La préfète a aussi utilisé les nouvelles possibilités de la loi narcotrafic pour prendre un arrêté d’interdiction de paraître d’un mois sur la portion de voie publique du boulevard Croizat, pour un homme âgé de 25 ans, présent quotidiennement sur place «en compagnie d’autres individus», se livrant «à des activités en lien avec des trafics de stupéfiants». Elle rappelle que 28 personnes ont été interpellées sur le secteur et que 39 procédures judiciaires en matière de stups ont été diligentées depuis le début de l’année. Les bailleurs sociaux sont également impliqués puisqu’ils ont permis 40 visites de parties communes. Des actions qui n’empêchent par les infiltrations des dealers pour établir leurs points de vente. Au début de l’été la police municipale a ainsi interpellé un individu en train d’incendier un dispositif d’ouverture électrique d’un portail, indique Michèle Picard.
«Malgré tous les moyens déployés et les résultats acquis, les habitants constatent que le travail accompli ne fait plus reculer le trafic de stupéfiants, de plus en plus pesant dans leur quotidien (contrôles d’identité, pressions, nuisances…), poursuit-elle. Un sentiment d’abandon des habitants succède aujourd’hui à la peur pour leur propre sécurité, à la colère et à l’exaspération d’une situation qui se dégrade». L’édile rappelle sa contribution à la mission d’information sénatoriale sur les émeutes de 2023 et l’investissement de la police municipale vénissiane. Face à l’aggravation des trafics elle demande le recrutement de 60.000 policiers, gendarmes et douanier, dans le pays, mais aussi «un meilleur contrôle des frontières pour empêcher l’entrée de substances illicites et d’arme», ainsi qu’un effort de prévention et d’accompagnement des jeunes recrutés par les réseaux criminels. Des efforts qu’elle souhaite donc voir dans sa commune avec l’arrivée d’une brigade spécialisée de terrain.