Quatre jours après la découverte d’un corps égorgé et éviscéré à Pont-de-Metz, l’affaire est toujours entourée d’un épais brouillard. Un suspect a été interpellé mardi et a reconnu les faits lors de sa garde à vue qui doit s’achever ce jeudi. Mais le mobile et les circonstances d’un tel acharnement restent flous.
«Une plaie béante au niveau du ventre»
Lundi, vers 7 heures, une femme qui promenait son chien au parc du Pré-du-Moulin a découvert la dépouille d’un homme violemment mutilé. Selon une source policière, la victime présentait des coups de couteau au niveau du cou et dans le dos et son corps aurait été placé «dans la position d’une croix». L’ébruitement de cette mise en scène macabre a alimenté une psychose au sein de ce village de 2500 habitants, jouxtant la ville d’Amiens. Les journalistes en quête d’information ont aussitôt investi les rues de la commune. Les déclarations du maire de Pont-de-Metz, qui a affirmé que les policiers avaient été «très marqués par ce qu’ils ont découvert» ont renforcé l’effroi suscité par l’affaire.
Passer la publicitéDepuis l’information a été contredite, ou tout du moins nuancée, par le parquet d’Amiens, qui indique que le corps «éviscéré (…), se trouvait allongé sur le sol, les bras positionnés en arrière, de part et d’autre de la tête», souligne le parquet. Les premiers résultats de l’autopsie «réalisée mardi a confirmé que le décès était consécutif à plusieurs coups portés au niveau du cœur et du bas du visage et a confirmé l’existence d’une plaie béante au niveau du ventre».
Steeven, un habitant du Petit-Saint-Jean
Peu d’éléments ont fuité quant à l’identité de la victime: il s’agit d’un homme, Steeven G., né en 1992 et résidant dans un quartier voisin, au Petit-Saint-Jean, qui avait l’habitude de venir dans ce parc. Il était sans emploi. Le parquet d’Amiens a fait savoir qu’il était jusque-là connu seulement pour des délits routiers mineurs.
Derrière des «Rubalises» protégeant la scène de crime, les policiers ont passé le parc au peigne fin et découvert «un téléphone portable non loin du corps». Cet indice a conduit à l’arrestation d’un suspect âgé de 27 ans et «demeurant à proximité des lieux». Selon Le Courrier Picard, il résiderait dans le même quartier que la victime. Il était jusque-là inconnu des services de police et de justice.
Après être resté mutique durant la première partie de sa garde à vue, il a reconnu être l’auteur du meurtre, tout en précisant ne pas connaître la victime. Des témoins ont déclaré à BFMTV avoir entendu, peu de temps avant les faits, une altercation entre la victime et le suspect: «On a entendu un hurlement, de ce qu’on a entendu c’était: tu te fous de moi !» Pour l’heure, cette information n’a pas été confirmée ou infirmée par le parquet.
La santé mentale du suspect, l’une des clés de l’enquête
À l’issue de sa garde à vue ce jeudi, le suspect pourrait être mis en examen et placé en détention provisoire dans le cadre de l’enquête ouverte pour «homicide volontaire». Les investigations, confiées à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) vont devoir répondre à de nombreuses questions: une altercation a-t-elle vraiment éclaté entre les deux hommes ? Et si oui, pour quel motif ? S’étaient-ils déjà croisés dans leur quartier ? Dans le cadre de l’enquête, une expertise psychologique de l’intéressé sera également réalisée, afin de comprendre si le suspect était en possession de tous ses moyens au moment du passage à l’acte.
Passer la publicitéL’exploitation de l’ensemble des caméras de vidéosurveillance de Pont-de-Metz, notamment celle située à l’entrée du parc, pourrait permettre de remonter le fil du meurtre, minute par minute. De son côté, l’avocate du mis en cause, Me Marie Fouquart, appelle à la prudence: «les faits ont été montés en épingle depuis lundi, les choses ont été déformées et amplifiées, alors que l’enquête ne fait que débuter».