Une version en bronze du Baiser de Rodin aux enchères à Angers
Offerte à l’escrimeur Lucien Mérignac en 1904 et conservée depuis la fin des années 1950 dans une collection privée, la sculpture estimée entre 300 000 et 500 000 euros, sera mise à l’encan pour la première fois le 25 avril prochain.
Passer la publicité Passer la publicitéUne première aux enchères. Un exemplaire inédit du Baiser d’Auguste Rodin, en bronze provenant d’une collection privée, sera proposé à l’encan le 25 avril prochain à Angers par la maison de ventes Chauviré-Courant. L’œuvre, fondue en 1904, a été commandée par le Jockey Club de Buenos Aires pour l’offrir comme cadeau de mariage au champion du monde d’escrime Lucien Mérignac. C’est une version déclinée de la sculpture en marbre de grande taille présentée au Salon de Paris en 1898.
Une «épreuve inédite et rare» car « fondue du vivant de l’artiste Auguste Rodin, signée sous la fesse gauche de la femme, qui fait partie des trois premières fontes du Baiser modèle 60 cm dit 2e réduction produite entre juillet et septembre 1904», selon un communiqué de la maison de ventes. « L’authenticité du bronze a été réalisée par le Comité Rodin, basé à Paris », précise Raphaël Courant, commissaire-priseur de la vente, qui a estimé la sculpture entre 300 000 et 500 000 euros.
L’escrimeur émérite avait été invité à prendre la direction de la salle du Jockey-Club, qui réunissait à l’époque toutes les grandes familles du pays avant de rentrer en France en 1916 et d’enseigner l’escrime au Prytanée militaire de la Flèche (Sarthe).
Vendu après la mort de Lucien Mérignac
La succession du bronze s’est faite entre passionnés d’escrime. Après le décès de sa femme en 1923, Lucien Mérignac épouse en secondes noces dans les années 1930 l’une de ses élèves. Cette dernière, qui a enseigné à son tour l’escrime, vend le bronze après le décès de son mari, en 1941, à un antiquaire de la région d’Angers où le couple s’est installé. L’une de ses élèves, l’actuelle vendeuse, l’achètera dans les années 1950 pour l’exposer ensuite dans son salon. « Elle était pleinement consciente à l’époque de la valeur de cette œuvre », assure Raphaël Courant.
La propriétaire a décidé de se séparer de cette réplique du Baiser exposée au musée Rodin en 1919. La sculpture sera la pièce phare de quatre jours de ventes qui débute mardi 22 avril, comportant notamment un ensemble de 600 monnaies en or, des tableaux, meubles et objets d’art Haute époque ou encore une collection de cristaux du XIXe siècle.