Au Maroc aussi, la jeunesse insuffle un nouveau vent de révolte au nom de la justice sociale

S’agit-il d’un mouvement mondial ? Comme dans de nombreux autres pays (Népal, Madagascar…), la Gen Z (Génération Z, 1995-2005) du Maroc brave le pouvoir, avec des mots d’ordre de justice sociale, mais aussi la dénonciation d’une classe politique et d’un gouvernement qui ne défend que ses propres intérêts. Les rassemblements ont débuté le 27 septembre, et se sont poursuivis quotidiennement dans de nombreuses villes du pays.

« Des hôpitaux et des écoles, pas des stades » : tel est le slogan fédérateur des manifestants, en référence aux grands stades construits pour la CAN prévue en fin d’année et la coupe du monde de foot, en 2026. « Au début, c’était une réaction spontanée sur les problèmes de santé et d’enseignement, témoigne Houda Abouz, alias Khtek, une rappeuse et militante féministe. Il y a eu beaucoup de privatisations dans ce secteur, et l’éducation est un droit qui se transforme en privilège », poursuit-elle.

Une autre étincelle a mis le feu aux poudres : les décès de plusieurs femmes enceintes à l’hôpital public d’Agadir. « Il suffit de voir des vidéos des hôpitaux pour voir leur état délabré », décrit Houda Abouz. Et ce, alors même que les dignitaires du pouvoir baignent dans l’opulence. D’un mot d’ordre social, la mobilisation tend désormais à la dénonciation de la répression, pour la liberté d’expression, de « tout un système, une pseudo-démocratie ».

« Menace judiciaire insensée »

Comme à son habitude, le pouvoir marocain a choisi le bâton de la répression face à un mouvement qui se réclame de la non-violence, se mobilise via les réseaux numériques, et se rassemble pour des sit-in. Des centaines de jeunes Marocains ont été arrêtés, jetés en prison.

« Les chiffres sont flous, on ne sait pas combien ils sont et où ils sont détenus. Chaque jour, il y a de nouvelles arrestations », indique Khtek. Contre une relâche, la police fait signer une fiche d’engagement à ne plus aller manifester, sous peine de finir la prochaine fois derrière les barreaux… « Une menace judiciaire insensée », estime la rappeuse.

Le gouvernement, qui ne sait comment réagir face à un mouvement sans leader, centré autour d’un collectif nommé « GEN Z 212 », tente désormais d’éteindre le feu avec de vagues promesses dont les Marocains sont las, faute d’actes. Car ces revendications qui mêlent le social et les libertés rejoignent celles des dernières années.

Pour Houda Abouz, « Après le « printemps arabe » de 2011, après le Hirak du Rif en 2019, ce nouveau mouvement est une lueur d’espoir, dans un autre contexte et avec une nouvelle génération. » Un combat qui lui vaut parfois la prison : plus de 40 personnes doivent être présentées au juge dans les jours qui viennent.

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