COUPS DE CŒUR
Le Stade répond toujours présent
Les saisons se suivent et se ressemblent. Et le Stade Toulousain est toujours là, présent dans le dernier carré de la Champions Cup. En s’imposant sur le gong ce dimanche à Toulon, Toulouse s’est qualifié pour sa septième demi-finale de Champions Cup consécutive ! Redoutable machine lancée vers un septième titre continental. Une régularité au haut niveau qui n’a pas d’équivalence. L’UBB, qui aura l’avantage du terrain en recevant la demi-finale le dimanche 4 mai au Matmut Atlantique, est prévenue : ce Toulouse sait voyager et s’extirper d’ambiance survoltée. Et de situations mal embarquées. «Notre parcours n’est pas simple, reconnaît le manager Ugo Mola. Que ce soit Bordeaux ou d’autres, le parcours est semé d’embûches avec de grosses équipes.» Mais le Stade Toulousain n’est jamais aussi fort que dans l’adversité. La quête d’une septième couronne, sans Antoine Dupont, serait cette année un authentique exploit.
Le mental à toute épreuve de Ramos
Son après-midi à Toulon n’a pas été des plus joyeux. Un accueil glacial du public toulonnais, là rien de bien surprenant. Mais, plus compliqué, Thomas Ramos était à la peine à Mayol, que ce soit dans ses choix de jeu (deux dégagements directs en touche) et, plus problématique, dans sa réussite face aux perches (deux pénalités ratées, une transformation sur le poteau). Sauf qu’il a répondu présent au meilleur moment pour offrir la victoire aux siens à la sirène. En se relevant après avoir manqué une autre pénalité qui aurait pu être décisive quelques minutes plus tôt. La marque des (très) grands champions. «Thomas a le sang froid, je n’étais pas très inquiet sur le fait qu’il allait la rentrer», a confié après coup son coéquipier Romain Ntamack au micro de BeIN Sport. Et Ugo Mola d’ajouter : «Je vais citer mon ami Richard Dourthe qui dit : un bon buteur, c’est quand ça compte, et Thomas est un grand buteur.» Rien à ajouter. Un match compliqué mais une pénalité à passer, c’est ce qu’il a fait. «On s’entraîne pour ça. Dans un stade pareil, dans un environnement pareil. Ces pénalités-là, on les rêve», a confié Ramos, en larmes au micro de France 2. Preuve que son après-midi avait été dur.
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Toulon, une ville qui vibre rugby
Dans le paysage du rugby français, Toulon est à part. Une ferveur, bouillante, omniprésente, qui fait chavirer toute une ville lors des grands événements. Ce dimanche, ç’en était un. Et le public varois a répondu présent. Artère principale de Toulon fermée, accueil survolé des deux équipes, 16.000 personnes qui ont enflammé Mayol. Une belle journée de rugby pour ce choc au sommet entre Rouge et Noir. Après des années de bisbilles avec la nouvelle direction du club, les supporters ont enterré la hache de guerre. Le RCT a renoué avec ses plus belles heures. Le résultat, cruel, n’est pas là, mais la flamme qui anime Toulon est toujours aussi impressionnante.
COUPS DE GRIFFE
Des Toulousains trop indisciplinés
La victoire est là, c’est l’essentiel. Mais le Stade Toulousain, dans ce terrible mano a mano avec Toulon, a fait preuve d’une indiscipline qui aurait pu lui coûter cher, avec 14 pénalités concédées (11 contre Toulon). Melvyn Jaminet, superbe canonnier longue distance, n’en demandait pas tant pour faire gonfler le score (6/6, 18 points). Mais les joueurs d’Ugo Mola ont su rectifier le tir au retour des vestiaires, devenir moins fébriles et hériter à leur tour de pénalités. «Il y a plein de conditions qui peuvent l’expliquer. Mais si on a été indisciplinés, c’est juste de notre faute et il faut qu’on rectifie ça», prévient le talonneur toulousain Julien Marchand. Avertissement sans frais.
Toulon a trop rendu de ballons
C’est un choix tactique qui a fait gronder à plusieurs reprises le public de Mayol. Sur plusieurs actions où ils avaient l’initiative, les Toulousains ont préféré rendre le ballon au pied à leurs adversaires pour les mettre sous pression. La fameuse dépossession utilisée par Fabien Galthié lors du Grand Chelem 2022. Sauf que, face à Toulouse, le RCT n’a guère été efficace avec ces coups de pied rendus à l’adversaire. Plutôt que de tenter leur chance balle en main. L’ouvreur italien du RCT, Pablo Garbisi, a reconnu que ce n’était pas forcément judicieux : «Avec le ballon qui était glissant, le plan était d’occuper le terrain au maximum pour les forcer à jouer depuis leur camp, et pourquoi pas se nourrir de ballons de contre-attaque. Mais on a en effet eu à plusieurs reprises des opportunités à la main qu’on n’a pas su exploiter, moi le premier, au contraire des Toulousains.» Après, il faut reconnaître que vouloir prendre Toulouse à son propre jeu, c’est plus que risqué…
Serin, un jaune qui coûte cher
Il est assurément l’un des hommes forts du RC Toulon. Il est aussi, à l’évidence, dans l’une des meilleures périodes de sa carrière. Si Baptiste Serin n’a pas précipité la chute des siens, il a en tout cas relancé les Toulousains. Il a été logiquement expulsé pour un plaquage tête contre tête contre Paul Graou. Et, durant ces dix minutes d’absence, le RCT a encaissé 12 points… Difficile de passer à côté de ce raté du maître à jouer varois. Mais Pierre Mignoni n’a pas voulu le pointer du doigt : «Bien sûr, on a souffert pendant ce moment-là, mais j’ai trouvé notre entame de deuxième mi-temps trop pesante. (…) C’était un match très tendu, très tactique, ça s’est joué à pas grand-chose, entre autres ce carton jaune, mais pas que…» Un Baptiste Serin pourtant tellement déçu qu’il n’a pas sacrifié au tour d’honneur avec ses coéquipiers à la fin du match.