Mercosur : Emmanuel Macron cède à la pression des agriculteurs et annonce que la France votera « contre » l’accord

Face à la pression, Emmanuel Macron a fini par céder. Le chef de l’État a annoncé ce jeudi 8 janvier que la France votera « contre » le traité de libre-échange UE-Mercosur, invoquant un « rejet politique unanime ».

« La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999) », a communiqué le chef de l’État sur le réseau social X. Selon lui, si la « diversification commerciale est nécessaire », celle-ci ne « justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire ».

Quelques heures auparavant, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait indiqué au micro de Franceinfo que le texte était, en l’état, « inacceptable », l’estimant « ni juste, ni équitable ». Reste que le flou demeurait quant à la position qu’entendait tenir la France vendredi, date à laquelle les États membres doivent exprimer leur position à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

« L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire »

Une ambiguïté qui avait fini par agacer certains membres de feu le « socle commun ». À l’instar de Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), qui a menacé, ce jeudi, de censurer Sébastien Lecornu si la France « votait pour ».

Ce « non » de la France ne devrait cependant rien changer : l’accord UE-Mercosur devrait être ratifié ce lundi au Paraguay, comme prévu, par Ursula von der Leyen. En effet, les opposants au traité sont, pour l’heure du moins, trop peu nombreux pour pouvoir constituer une minorité de blocage (quatre États représentants au moins 35 % de la population de l’UE). Avec Paris, la Pologne, la Hongrie et l’Autriche devraient s’opposer au texte.

Si le « non » de l’Italie était espéré pour enterrer le texte, Giorgia Meloni devrait voter en faveur du traité, ayant obtenu certaines garanties exigées par ses soins. « L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire », a toutefois assuré Emmanuel Macron.

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