En juillet 2023, à Marseille, en marge des révoltes consécutives au meurtre de Nahel, quatre policiers ont roué de coups Hedi, dont le crâne a dû être partiellement amputé. Le 13 février un rapport administratif de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qu’ont pu consulter nos confrères de Mediapart, concluait que les quatre fonctionnaires avaient fait un « usage disproportionné » de la force sur le jeune homme de 22 ans, « qui ne représentait aucune menace immédiate ».
Le policier Christophe I. a tiré avec son LBD sur Hedi, alors qu’il était de dos, le touchant à l’arrière de la tête. Déjà « blessé » et alors qu’il « ne représentait aucun signe de rébellion », selon le rapport administratif, trois autres policiers, Gilles A., David B. et Boris P., l’ont ensuite tabassé, lui fracturant le crâne. Quant à leur cheffe, Virginie G., elle a manqué à son devoir de commandement qui aurait dû faire cesser ces violences et en informer sa direction. Au lieu de cela, elle a nié les avoir vus, et a omis de les faire figurer dans le compte rendu des opérations transmis à sa hiérarchie. Outre l’« atteinte notoire » portée « au crédit et au renom de la police nationale », elle a failli à son devoir d’obéissance « par son refus d’assumer son commandement », selon les termes de l’IGPN.
Une inaction délibérée de la part de la tutelle ?
« Au vu de la gravité des faits », l’inspection propose d’ores et déjà que les cinq agents soient renvoyés devant le conseil de discipline. Le ministère de l’intérieur n’a toujours pas donné suite aux conclusions de l’IGPN. Aucun des agents n’est, à ce jour, passé en conseil de discipline. Ce rapport a été transmis à la justice le 18 mars.
Dans le volet pénal de l’affaire, les quatre principaux agents soupçonnés des violences ont été mis en examen pour « violences volontaires aggravées » (avec arme, en réunion et par personne dépositaire de l’autorité publique) et, placés sous contrôle judiciaire, ils ont l’interdiction d’exercer leur activité professionnelle. Mais leur traitement n’a pas été suspendu. Une piste d’économie budgétaire ?
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