Il n’existait jusqu’à aujourd’hui aucun prix de haute joaillerie comme on en connaît dans la mode et l’horlogerie. C’est désormais chose faite avec l’initiative de La Société des bains de mer de Monte-Carlo, qui lance son grand prix de la haute joaillerie décerné le 25 octobre prochain. « C’est une tradition à Monaco, et pour la Société des bains de mer (SBM) depuis sa fondation en 1863, de soutenir de grands événements célébrant les arts, la culture et le sport. Or, il n’y a aujourd’hui pas d’événement à la hauteur du grand art joaillier », commence en préambule Stéphane Valeri, le président de la SBM, lors de la conférence donnée place Vendôme le 9 septembre. Le dirigeant rappelle au passage que l’entreprise monégasque (fondée par un Français, François Blanc) fut à l’origine de la création du Grand Prix de Formule 1 dans la principauté, il y a un siècle, et espère que celui dédié à la haute joaillerie (GPHJ) connaîtra un destin comparable.
On pourrait ajouter que c’est aussi une tradition à Monaco d’aimer et de porter de la haute joaillerie. Résidents et visiteurs de la principauté comptent en effet dans leurs rangs une forte concentration de collectionneurs et de grands amateurs de luxe. Tout ce beau monde réside dans une enclave à part où les occasions de se parer sont nombreuses.
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Passer la publicitéUne douzaine de joailliers parmi les plus grands (Buccellati, Boucheron, Chanel, Chopard, Messika, Bulgari, Tiffany & Co., Dior, Louis Vuitton, Anna Hu, Dolce & Gabbana, à date) se sont inscrits à ce concours. Mais, les organisateurs ont à cœur d’installer un rendez-vous annuel qui ne soit pas cantonné aux professionnels, plutôt une « célébration » réunissant 500 invités (clients, collectionneurs, artisans, représentants de pays producteurs de pierres, dirigeants, égéries…).
« Un grand dirigeant m’a dit un jour : “La haute joaillerie appartient au génie français, comme les châteaux et les cathédrales”, raconte Fabienne Reybaud, présidente du jury du GPHJ. Je trouve que c’est un bon début de définition pour cet art parisien qui ne possède pas vraiment de cadre, demeure une source de rêve, et a connu des évolutions majeures ces quinze dernières années avec l’apparition de nouveaux clients et l’engagement de grands groupes de luxe dans cette activité. »
Il a fallu établir un cahier des charges pour ce grand prix qui verra donc les concurrents présenter jusqu’à trois pièces. Ces dernières devront : avoir été produites ces douze derniers mois (déjà vendues ou pas), fabriquées en métal précieux et pierres de centre non chauffées, et afficher une valeur minimum de 100 000 euros. Le jury de professionnels fera le tour de la place Vendôme fin septembre à la découverte des pièces, et dévoilera, le 25 octobre donc à Monaco, ses huit lauréats, dont un prix du patrimoine, du meilleur espoir, des pierres, du design, du savoir-faire ainsi qu’un prix spécial du jury.
Cette initiative arrive alors que la haute joaillerie française connaît une période de prospérité remarquable depuis une dizaine d’années. Les marques, historiques ou plus récentes dans le secteur, font assaut de pierres mirifiques, de collections de parures plus nombreuses et plus chères les unes que les autres, de rachat ou de construction d’ateliers parisiens pour s’assurer une qualité irréprochable. À l’instar de la couture, la haute joaillerie ne s’adresse pas uniquement à sa poignée de clients, elle distille du rêve et fait rayonner des maisons, des artisans. Et la France.