Top 14 : série de défaites, jeu stérile, manque de puissance... Clermont dévisse dangereusement

Sur une pente glissante. Plus que dangereuse. Clermont, qui semblait cette année être armé pour se mêler aux joutes de phase finale et était troisième au classement mi-décembre, est depuis dans une impasse. Les Jaunards ont en effet concédé samedi une nouvelle défaite, la cinquième de rang, qui les éloigne dangereusement du top 6 qu’il avait occupé entre la 7e et la 17e journée. Ils ont depuis chuté à la 9e place. Une telle série noire n’était arrivée que deux fois dans l’histoire du club auvergnat, souligne le site des Cybervulcans, en 1965-1966 ( six défaites d’affilée) et en 1992-1993.

Conséquence directe : la troupe de Christophe Urios n’est plus que neuvième au classement, certes à seulement quatre points de Castres (6e), mais le fond de jeu de l’équipe auvergnate inquiète. Beaucoup pointent du doigt l’arbitrage polémique en fin de match qui a conduit à la victoire du Racing 92 au Michelin, mais la réalité est finalement tout autre. Les maux sont plus profonds.

«J’en ai marre de voir mon vestiaire triste. Les gars sont affectés, déçus»

Le jeu proposé par Clermont est tout d’abord stéréotypé et stérile. Les Auvergnats manquent aussi de puissance et de tranchant pour pouvoir rivaliser avec les meilleurs. Par trois fois face aux Ciel et Blanc, les coéquipiers de Fitz Lee sont entrés dans l’en-but des visiteurs, mais à chaque fois, ils ont été retournés, bloqués au moment d’aplatir. Efforts en vain.

«On n’y arrive pas même si on est supérieur à l’équipe du Racing, veut croire Christophe Urios, cité par La Montagne, sans convaincre grand monde. Ce qui ne marche pas, c’est notre discipline (23 cartons jaunes en 19 matches, plus mauvais total avec le Racing 92, Bayonne et Lyon, NDLR). On tombe trois fois dans l’en-but, mais il aurait fallu marquer ! Pour nous, c’est un coup sur la tête. On a été un peu impatient, on avait envie de marquer vite, mais on n’a pas su être calme, méthodique.»

Des problèmes d’efficacité et de réalisme qui ne sont pas nouveaux. L ’ASM n’a gagné qu’un seul de ses huit derniers matches en championnat, un court succès début janvier sur la pelouse du promu Vannes. Christophe Urios reconnaît que le moral de ses troupes en a pris un coup : «J’en ai marre de voir mon vestiaire triste. Les gars sont affectés, déçus. C’est dur pour eux, quand ils dominent de cette façon.» Une domination, en termes d’occupation et de possession, bien stérile, que le banc XXL du Racing a finie par faire plier.

Le tout est d’arriver à rebondir, ce samedi (16h30), encore à domicile, face à une équipe de La Rochelle, elle aussi en grande difficulté (sur une série de 4 défaites et un match nul à domicile). «On est laborieux, mais il faut continuer à travailler pour casser cette dynamique, et trouver les clefs pour La Rochelle, repartir au combat et retrouver de l’énergie, poursuit le manager auvergnat. Il faut absolument renouer avec la victoire.» Pour défier les Maritimes, le staff clermontois devrait enregistrer deux retours de poids : le centre George Moala et le troisième-ligne Pita Gus Sowakula. Précieux face aux gros bras du Stade Rochelais.

C’est mon travail qui va faire taire les gens, je n’ai rien à dire à ces lâches

Chritophe Urios

Forcément, la colère gronde du côté des supporters clermontois. Seulement deux victoires lors des onze derniers matches, toutes compétitions confondues, ça passe mal malgré la qualification pour les huitièmes de finale de la Champions Cup (à Northampton). Habituée à pratiquer l’un des jeux les plus attractifs et offensifs du Top 14 à l’époque de Vern Cotter puis de Franck Azéma, la machine jaune-et-bleue est l’arrêt, au point mort, déplorent-ils. L’ASM est cette saison la deuxième équipe qui tient le plus le ballon (52,6% de possession derrière Toulouse, 55,4%) pour seulement la 11e attaque du Top 14 avec 440 points marqués. Signe de l’inefficacité offensive auvergnate.

Particulièrement critiqué depuis son arrivée en Auvergne, Christophe Urios n’en a cure et tient la barre d’un navire qui tangue fortement. Dans la longue interview qu’il nous avait récemment accordée, le manager des Jaunards avait répondu aux critiques (assez virulentes) dont il fait l’objet : «Tu peux t’épancher sur les réseaux sociaux, comme certains l’ont fait, et faire des pétitions, comme quand j’ai prolongé. Mais ce sont des lâches, c’est un peu le problème de notre société. C’est mon travail qui va faire taire les gens, je n’ai rien à dire à ces lâches. La seule chose qui vaille, c’est mon travail et les résultats.» Pour l’instant, les résultats peinent à arriver...