Cantines scolaires à Grasse : entre quantité insuffisante et qualité médiocre, les parents en colère

À défaut d’être servis aux petits écoliers de Grasse (Alpes-Maritimes), les oursins seraient-ils dans les poches du groupe Elior ? Le prestataire de la ville en matière de restauration collective est accusé depuis plusieurs semaines par de nombreux parents d’élèves de servir des repas en quantité insuffisante dans les cantines scolaires.

«Nous avons lancé un sondage auprès des parents de toutes les écoles. Nous avons eu 308 retours, avec une douzaine d’écoles représentées», a indiqué à Nice-Matin un parent délégué de l’association des parents d’élèves de l’école élémentaire Saint-Jacques. 90% d’entre eux jugeraient ainsi la prestation globale fournie par Elior «peu ou pas du tout satisfaisante». Pour ce qui concerne les quantités servies, ils seraient, toujours selon le quotidien régional, 87,7% à être «peu ou pas du tout satisfaits».

C’est à l’aune de ce constat qu’une pétition en ligne a été lancée le 6 mars «pour l’amélioration des repas scolaires servis par Elior en Pays de Grasse». En deux semaines, celle-ci a déjà recueilli 588 signatures. Outre les quantités insuffisantes et des enfants «qui expriment leur faim après le repas», les parents déplorent une qualité des repas servis qui ne répondrait «pas aux attentes nutritionnelles nécessaires au bon développement de nos enfants. Les ingrédients utilisés semblent parfois de moindre qualité et manquent de variété.» Ils s’inquiètent aussi de l’impact sur la santé de tels repas : «Une alimentation déséquilibrée et insuffisante peut avoir des conséquences sur la santé physique et mentale de nos enfants, ainsi que sur leur performance scolaire».

«C’est scandaleux ce qui est servi»

«Mes petits-enfants sont scolarisés à Grasse et mangent à la cantine. C’est scandaleux ce qui est servi», commente Nadine. Fanny, une maman dont les enfants sont scolarisés dans une école de l’agglomération des Pays de Grasse, assure quant à elle avoir signalé son «mécontentement» dès l’année dernière. «Ma fille se plaint de quantités insuffisantes, parfois plus de viande disponible, donc forcée de manger le menu végétarien, et du pain bas de gamme à quasiment tous les goûters», déplore encore Sonia, une autre maman. Le pain serait même parfois rationné à un morceau par élève et par repas.

Les parents pointent également le nombre de composants par repas. Cinq du temps de Sodexo (l’ancien prestataire), ils ne sont plus que quatre avec Elior. «Nous demandons donc à la mairie de Grasse et à Elior de prendre en considération nos préoccupations et de mettre en place des mesures pour améliorer la qualité et les quantités des repas servis», exigent les parents dans leur pétition. Ils souhaitent par ailleurs la mise en place de consultations avec des nutritionnistes pour élaborer «des menus équilibrés et variés» ainsi que de contrôles pour que le prestataire et les agents de services «tiennent leurs engagements en matière de qualité et de quantité des repas servis».

La menace de pénalités financières

Sollicité, le maire de Grasse rappelle l’inscription «dans le contrat qui nous lie à notre prestataire de restauration collective depuis 2022 des exigences très précises qui vont plus loin que les dispositions prévues par la loi Egalim auxquelles chaque collectivité doit se conformer». Et Jérôme Viaud de poursuivre : «Toutefois, malgré un suivi particulièrement méticuleux de cette délégation de service public par les équipes communales afin de veiller à ce que les légitimes exigences de la municipalité et des familles soient pleinement respectées, il s’avère que certains dysfonctionnements récurrents, ne sont plus acceptables après plus de trois ans de collaboration. Aussi, j’ai demandé que des mesures concrètes soient mises en œuvre dans les meilleurs délais pour garantir le respect des normes nutritionnelles et améliorer la qualité des repas servis dans nos établissements scolaires.» 

L’édile de la cité du parfum jure que «si des manquements devaient être constatés, de nouvelles dispositions seront prises, pouvant inclure des pénalités financières si nécessaire. Si des évolutions positives ne sont pas rapidement constatées, la mairie se réserve le droit de reconsidérer la poursuite du contrat de délégation de service public.»

La municipalité annonce, en outre, le renforcement du dialogue avec les familles par le biais de l’intégration des parents d’élèves à la commission des menus, aux côtés des services de la ville et du délégataire. Un audit complet sera aussi mené prochainement pour vérifier la provenance et la conformité des matières premières utilisées. Elle promet enfin un ajustement des grammages «afin que chaque enfant puisse manger à sa faim tout en veillant à limiter le gaspillage alimentaire qui a atteint 28 tonnes en 2024.» Une réunion de restitution et d’échanges doit se tenir le 9 avril entre les parents d’élèves élus, Elior et la ville, pour un premier bilan de ces initiatives.