Foot : les voix s'élèvent pour soutenir Gaza du côté des futurs adversaires d'Israël en éliminatoires pour la Coupe du monde

D’abord timide, le monde du football commence à prendre la parole concernant la guerre dans la bande de Gaza. A l’occasion de la Supercoupe d’Europe entre le PSG et Tottenham, l’UEFA avait déployé une banderole sur laquelle il était écrit : "Arrêtez de tuer les enfants, arrêtez de tuer les civils", le 13 août dernier. Et en marge des prochains matchs comptant pour les éliminatoires à la Coupe du monde en septembre et en octobre, des voix s’élèvent en Italie et en Norvège, deux pays qui doivent affronter Israël.

Du côté de l’Italie, ce sont les entraîneurs professionnels, via l’association qui les représente (AIAC), qui ont adressé une lettre au président de la fédération, Gabriele Gravina, pour l’appeler à demander "à l’UEFA et à la Fifa une suspension temporaire d’Israël des compétitions internationales", alors que leur équipe nationale devra se déplacer en Hongrie, où Israël joue désormais ses matchs à domicile.

"Un match de football, précédé des hymnes nationaux, peut-il être considéré comme un simple match de football ? Ce qui se passe dans la bande de Gaza, avec ses lourdes répercussions en Cisjordanie et au Liban, peut-il être considéré comme l'un des 56 conflits actifs dans le monde, qui mérite la même attention et la même réponse ? Le massacre terroriste commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait plus d'un millier de victimes israéliennes innocentes et la prise de 250 otages, peut-il justifier les représailles génocidaires féroces d'Israël, qui ont causé la mort de dizaines de milliers de civils palestiniens, au point d'annoncer leur expulsion ?" s’interroge l’association.

La Norvège veut verser la recette du match à une organisation humanitaire

En Norvège également, c’est la présidente de la fédération nationale de football, Lise Klavenaess, qui a annoncé elle-même que les bénéfices du match prévu le 11 octobre prochain seraient reversés à "une organisation humanitaire qui sauve des vies à Gaza", au média NRK [en norvégien]. "Ni nous, ni aucune autre organisation, ne pouvons rester indifférents face aux souffrances humanitaires et aux attaques disproportionnées que subit depuis longtemps la population civile de Gaza. Israël participe aux compétitions de la Fifa et de l’UEFA et nous devons y faire face", a-t-elle justifié.

La Fédération israélienne de football a répondu, dans un communiqué transmis au Telegraph [en anglais] qu’il "serait bien qu’une partie de la somme soit consacrée à essayer d’obtenir une condamnation par la Fédération norvégienne de football du massacre du 7 octobre [...] ou à une action en faveur de la libération de 50 otages", et qu’il faudrait s’assurer que "l’argent ne soit pas transféré à des organisations terroristes ou à la chasse à la baleine". Une réponse cinglante en référence aux pratiques norvégiennes controversées de pêche, malgré un moratoire en vigueur depuis 1986.