Le rapport de la commission parlementaire sur les essais nucléaires préconise une meilleure indemnisation des victimes, révèle mardi 17 juin France Culture. Le document de 900 pages, qui contient 45 propositions, sera publié en milieu de matinée. Les députés souhaitent modifier les règles d'indemnisation. Les élus visent notamment le seuil de radiation auquel toute victime a dû être exposée, seuil jugé très restrictif.
Actuellement, ce seuil est fixé à un millisivert. C'est la mesure utilisée pour évaluer l'impact de la radioactivité sur le corps humain. Mais, selon les informations de France Culture, ce critère n'a aucune valeur scientifique pour mesurer la contamination de la population. Le CEA, le Commissariat à l'énergie atomique l’a d'ailleurs reconnu durant son audition par la commission d’enquête.
Au moins 35 maladies dues à une exposition à la radioactivité
Depuis 2010, la "loi Morin", impose deux critères supplémentaires pour indemniser les victimes : avoir séjourné en Polynésie française entre 1966 et 1996 et avoir développé un des 23 cancers radio-induits. Cela signifie que les tumeurs se déclarent à la suite d'une exposition à la radioactivité, notamment sur la thyroïde, les poumons, les seins. Les députés entendent également élargir ce critère médical. Un comité scientifique des Nations unies avait établi, il y a deux ans, que les maladies radio-induites n'étaient pas au nombre de 23 mais de 35 voire 36. La radioactivité peut en effet occasionner des affections cardio-cérébrales et par conséquent des AVC.
Aujourd'hui seuls 40% de ceux qui constituent un dossier d'indemnisation obtiennent une réparation, soit quelques centaines de personnes. Pourtant, 12 000 Polynésiens ont travaillé sur les sites des essais. De 1966 à 1996, l'armée française a fait exploser 193 bombes atomiques en Polynésie, dont certaines avaient une puissance 120 fois supérieure à celle larguée sur Hiroshima. En 2023, sur 564 nouvelles demandes d'indemnisation, 151 personnes ont pu être indemnisées. Le montant total versé cette année-là s'est élevé à environ 12,2 millions d'euros. Parmi les personnes indemnisées, 64 résidaient en Polynésie française.