Qui aurait pu le prévoir? Longtemps perçue comme un formidable relais de croissance pour les exportateurs de vins, la Chine suscite désormais une véritable appréhension parmi les professionnels en Europe, et plus particulièrement en France. Pour beaucoup, la déception est aussi grande que l'espérance initiale : «Lorsque je travaillais en 2013 à Shanghai, tout le monde misait sur un décollage majeur du marché chinois, reconnaît Paz Levinson, cheffe sommelière du Groupe Pic. Dix ans plus tard, lors de mon retour à Pékin, j'ai eu l'impression d'un véritable retour en arrière. Reconnaissons-le, les choses n'ont pas évolué comme nous le souhaitions».
Pourtant, l'idylle avait bien commencé, avec une lune miel qui aura démarré en 2012, point de départ d'une croissance discontinue jusqu'en 2017 – qui culminera alors à 7,5 millions d'hectolitres. Avec une population avoisinant les 1,4 milliard et un PIB par habitant ayant plus que doublé en l'espace de 20 ans, tout portrait à croire que la baisse de la consommation de vin au sein des pays occidentaux serait largement compensée par une hausse continue des ventes en direction de la Chine. Avant que les exportateurs étrangers n'assistent, impuissants, à un déclin qu'ils n'avaient pas anticipé, jusqu'à atteindre en 2023 un volume de seulement… 2,5 millions d'hectolitres.
Une recherche d’originalité
Une baisse que certains experts, à l'instar de Jean-Marie Pratt, importateur de vins français en Chine au sein de la société Liber Wines et ex-sommelier étoilé, tentent d'expliquer dans un premier temps par la lente maturation du marché chinois : «Depuis mon arrivée en Chine il y a 11 ans, la présence des vins français a beaucoup évolué. Cela a commencé avec Bordeaux , aujourd'hui relayé par la