EN DIRECT - Crise politique : Emmanuel Macron devrait mettre fin à cinq jours de suspense en nommant un nouveau premier ministre pour Matignon

«La grande tentation, c’est Lecornu 2» : Macron à l’heure de la énième désignation d’un premier ministre

« Le problème de Macron, c’est qu’avec lui, tout va toujours très bien. » Ainsi soupire l’un des interlocuteurs réguliers du président de la République, stupéfait par l’attitude désinvolte de l’intéressé alors que la crise politique prend des proportions dantesques. Un gouvernement a tenu à peine plus d’une nuit, conduisant à la démission de Sébastien Lecornu en début de semaine. Ce dernier a tenté d’ultimes tractations avec les forces politiques, avant d’en livrer le résultat famélique à la télévision mercredi soir. Résultat : ce vendredi, le chef de l’État s’apprête à nommer un premier ministre pour la cinquième fois en à peine plus d’un an et demi. Un chiffre qui résume, à lui tout seul, à quel point son deuxième quinquennat a déraillé.

Dans ce genre de moment encore plus que dans d’autres, Emmanuel Macron a l’habitude de faire comme si de rien n’était. Jeudi soir, il comptait sur la solennité de l’entrée au Panthéon de Robert Badinter pour tenter de se placer au-dessus de la mêlée. Le président a loué « la vie juste » de celui qui a fait voter l’abolition de la peine de mort, et « sa voix qui plaide ses grands combats essentiels et inachevés ». Avant la cérémonie, il avait pris la parole lors d’une réunion ministérielle sur le plan de paix que Donald Trump tente de faire appliquer au Proche-Orient.

Le RN très largement en tête loin devant la gauche, LR fait jeu égal avec le bloc central

Même si Sébastien Lecornu a assuré qu’il existait un chemin pour l’éviter, la dissolution continue de préoccuper la classe politique tant l’issue de la crise semble incertaine. Ce nouveau sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio devrait donc être scruté de très près par tous les camps. De nouvelles intentions de vote, sans projection en siège, qui dressent le nouveau rapport de force en cas d’un prochain retour aux urnes.

Comme en juillet 2024, le Rassemblement national et ses alliés sortiraient toujours largement en tête du premier tour. Les troupes nationalistes recueilleraient même cette fois-ci 35% à 36% des voix, améliorant leur score des dernières législatives (33,42%). « C’est la force qui semble tirer profit de la crise politique. Ils sont à un niveau quasiment supérieur, avec 11 à 17 points d’avance sur le deuxième », analyse Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop.

Bardella maintient sa «main tendue» aux LR, mais «ne pourrait pas» faire «alliance» avec Retailleau

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a de nouveau «tendu la main» jeudi soir aux «orphelins de la droite» pour «une union la plus large possible», mais sans le patron des Républicains Bruno Retailleau, qui s’est selon lui «fondu dans le macronisme». Persuadé de pouvoir remporter de nouvelles législatives anticipées, Jordan Bardella a estimé sur Cnews que «pour gagner, il faut l’alliance, la coalition, l’union la plus large possible».

Or, «il y a des patriotes à droite avec qui nous avons vocation à travailler», a-t-il affirmé, sur le modèle de l’ex-président de LR, Éric Ciotti, qui «a accepté cette main tendue» l’an dernier après la dissolution. Pour autant, «une telle alliance ne pourrait pas se renouveler» avec son successeur, car «M. Retailleau a fait le choix de se fondre dans le macronisme», a ajouté le jeune chef du RN. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a de toute façon écarté mardi soir tout rapprochement avec le parti à la flamme, qu’il accuse de «l’insulter», mais aussi de défendre des «idées de gauche sur le plan économique».

Toutes choses que conteste Jordan Bardella: «Il a balayé la main tendue que je lui ai formulée. Les masques tombent, M. Retailleau préfère mourir politiquement avec Emmanuel Macron, plutôt que de se battre aux côtés de ceux qui souhaitent redresser notre pays». «Je ne vais pas passer mon temps à courir derrière des gens qui sont plus intéressés par leurs postes que par la survie de la France», a-t-il insisté, préférant se tourner vers les «patriotes sincères» au sein des Républicains, ces «orphelins de la droite qui ne se reconnaissent plus dans ce parti» et qu’il «invite à venir travailler à (ses) côtés».

Un budget présenté lundi ?

Avant d’achever sa «mission»Sébastien Lecornu a estimé que le projet de budget 2026, détonateur de la crise actuelle avec la censure de François Bayrou le 8 septembre, pourrait être présenté lundi en conseil des ministres, soit la date-butoir pour qu’il soit adopté d’ici la fin de l’année par le Parlement.

Ce qui sous-entend la nomination d’un gouvernement peut-être dès vendredi ou à défaut ce week-end. Reconduction des principaux ministres en place ? Ministres techniques, dont peut-être le premier d’entre eux ? Le premier ministre démissionnaire a formulé une suggestion très remarquée, que la future équipe gouvernementale soit «complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027», des ambitions qu’il n’a lui-même jamais manifestées.

Cela exclurait en revanche le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, qui a précipité dimanche soir la chute du gouvernement Lecornu tout juste nommé.

Les différents noms qui circulent

À quelques heures d’une nomination, deux scénarios revenaient avec force, la reconduction de Sébastien Lecornu ou la carte Jean-Louis Borloo, éternel «revenant» par temps de crise. Sébastien Lecornu, à ce stade le plus éphémère Premier ministre de la Ve République, assure ne pas «courir après le job» et avoir «terminé» sa «mission».

Une série d’acteurs soutiennent en revanche publiquement ou en coulisse la piste de Jean-Louis Borloo, ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avec qui il avait notamment organisé le Grenelle de l’Environnement. «Il faut un type comme ça, un peu spécial», relève un visiteur du soir du chef de l’État. «Il fait partie de ceux qui peuvent contribuer à apporter des solutions», a renchéri le patron des sénateurs centristes Hervé Marseille sur RTL.

Le fondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), 74 ans, qui a longtemps été maire de Valenciennes, a assuré jeudi soir depuis Toulouse ne pas avoir eu de contact avec l’Élysée, souhaitant avant tout que le président «nomme un gouvernement (...) pour donner un cap».

Au bal des paris, d’autres noms continuaient aussi à être cités, de l’ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve au Premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lui aussi issu du PS. Avec un double défi pour le chef de l’État : repousser le plus tard possible la menace d’une censure et a fortiori d’une dissolution.

Macron va mettre fin au suspense pour Matignon

Reconduction de Sébastien Lecornu ou nomination d’un nouveau locataire à Matignon ? Emmanuel Macron doit mettre fin vendredi à cinq jours de suspense et tenter une nouvelle fois de désamorcer une crise politique qui ne cesse de s’aggraver.

Le chef de l’État a promis de nommer un premier ministre d’ici «vendredi soir» après la démission fracassante lundi de Sébastien Lecornu, ponctuée par deux jours de négociations supplémentaires pour tenter d’arracher, en l’absence de toute majorité, un accord de non-censure du futur gouvernement.

Le président français Emmanuel Macron. Thomas Samson / REUTERS

Rien n’a filtré sur l’heure et les modalités d’une annonce. L’Élysée n’a pas non plus donné d’indications sur une éventuelle prise de parole du président, qui ne s’est pas exprimé sur la situation intérieure depuis cette nouvelle déflagration politique.

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