Emmanuel Macron a réitéré, lundi 11 août, sa proposition d’une « mission de stabilisation sous mandat de l’ONU » pour sécuriser la bande de Gaza. L’annonce faite par les autorités israéliennes « d’une expansion de son opération à Gaza ville et aux camps d‘al Mawasi et d’une réoccupation par Israël constitue un désastre annoncé d’une gravité sans précédent et une fuite en avant dans la guerre permanente », a souligné le président français. Il propose « une coalition internationale sous mandat de l’ONU », « la priorité » pour « lutter contre le terrorisme, stabiliser Gaza, soutenir ses populations et mettre en place une gouvernance de paix et de stabilité ».
Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies s’est tenue le 10 août à New York, pour débattre du plan d’Israël visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza. « Si ces plans sont mis en œuvre, ils déclencheront probablement une nouvelle calamité à Gaza, se répercutant dans toute la région et provoquant de nouveaux déplacements forcés, des meurtres et des destructions, aggravant les souffrances insupportables de la population », a dénoncé Miroslav Jenca, assistant du secrétaire général de l’ONU, appelant à « un cessez-le-feu complet, immédiat et permanent, à la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages et au respect du droit international humanitaire par Israël ».
Les États-Unis, dernier pays à défendre Israël
De son côté, Ramesh Rajasingham, chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), a confié se trouver « extrêmement préoccupé par le conflit prolongé et le nouveau bilan humain qui risque de se produire à la suite de la décision du gouvernement israélien d’étendre ses opérations militaires à Gaza ». Un avis partagé par pratiquement tous les membres du Conseil de sécurité (ils sont 15) à l’exception des États-Unis, qui restent le dernier pays à défendre Israël contre vents et marées. La représentante états-unienne, Dorothy Shea, a fustigé une réunion « emblématique du rôle contre-productif que beaucoup trop de gouvernements au sein de ce Conseil et dans l’ensemble du système des Nations unies ont joué sur cette question », selon elle. « Il est remarquable, a-t-elle insisté, qu’au lieu de faire pression sur le Hamas, les membres de cet organisme ont activement encouragé et récompensé son intransigeance, prolongeant la guerre en répandant des mensonges sur Israël, la Fondation humanitaire pour Gaza et les États-Unis, et en accordant des victoires de propagande aux terroristes. » Bref, à quelques mots près, il s’agit du même argumentaire que celui utilisé par Benyamin Netanyahou.
L’idée développée par Emmanuel Macron avait été avancée le 30 juillet lors d’une conférence à l’ONU. Celle-ci avait abouti à une déclaration de 17 pays, dont le Qatar et l’Égypte. Cette mission serait destinée notamment à protéger la population civile, à « soutenir le transfert des responsabilités de sécurité » à l’Autorité palestinienne et à fournir des « garanties de sécurité pour la Palestine et Israël, y compris la surveillance » d’un futur cessez-le-feu, avait-il été décidé.
« Le Conseil de sécurité doit maintenant travailler pour mettre en place cette mission et la doter d’un mandat », a insisté le président français. Au regard de la position et du ton employé par les États-Unis, il est à craindre que ceux-ci n’apposent leur veto.
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