Amphétamine, cocaïne, héroïne : une véritable «pharmacie» découverte dans une cellule de la maison d’arrêt de Perpignan

C’est un véritable point de deal qui a été découvert dans la maison d’arrêt de Perpignan. Lors d’une fouille dans la cellule d’un «auxiliaire détenu» ce mercredi, les surveillants ont découvert 200 grammes d’héroïne, 65 grammes de cannabis, 15 grammes d’amphétamines, 12 grammes de cocaïne et quatre téléphones portables. Le tout conditionné en portions, prêtes à être distribuées et dissimulées dans plusieurs cachettes aménagées dans la cellule. Une prise surprenante à l’intérieur d’une prison, détaillée par le syndicat Ufap Unsa Justice dans un communiqué que Le Figaro a pu consulter.

Le profil du détenu occupant la fameuse cellule est également intéressant. Il s’agit d’un homme né en 2002, incarcéré dans l’attente de son jugement. La liste des charges qui pèsent contre lui est longue comme le bras. On y trouve, de manière non exhaustive : refus d’obtempérer, conduite sans permis, récidive de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, menaces de mort réitérées, violences sur personne vulnérable, violences avec usage d’une arme, détention arbitraire de personnes avec libération sous moins de 7 jours, et la liste continue. Un peu plus tard, le même jour, les surveillants ont saisi 33 grammes de cocaïne et une bouteille d’alcool dans la cellule d’un autre détenu.

Passer la publicité

Empêcher les systèmes de livraison

Dans son communiqué, le syndicat dénonce un sous-effectif chronique et une «surpopulation pénale endémique» dans le centre pénitentiaire de Perpignan. Le 25 juillet, les quartiers de la maison d’arrêt du centre pénitentiaire comptaient 340 détenus alors qu’il y a normalement 132 places. Un chiffre qui peut varier en fonction des entrants et des sortants, précise Marine Orengo, secrétaire générale de région du syndicat Ufap Unsa Justice, confiant au Figaro que 110 détenus dorment sur des matelas à même le sol. De plus, il manque «une trentaine de surveillants, en raison de nombreux départs à la retraite couplés aux difficultés habituelles à recruter», poursuit-elle.

Marine Orengo dénonce également du matériel obsolète, en particulier le système anti-drones, dont se servent les trafiquants pour livrer de la drogue directement dans les cellules des détenus. «Ce système, qui fonctionne pas ou mal, est censé couper les ondes pour que le drone ne puisse pas circuler au-dessus de la prison. Mais leur matériel est plus puissant, plus moderne et on voit les drones passer», indique-t-elle. L’autre moyen de faire entrer de la drogue en prison, ce sont les visites aux parloirs.

Mais là encore, la secrétaire générale évoque une loi européenne de 2009 qui interdit les fouilles à nu systématiques au retour du parloir, «désormais, il faut qu’il y ait une suspicion», explique-t-elle. Sous-effectifs, détenus trop nombreux et matériel obsolète, en somme le syndicat régional dénonce un manque de moyens d’autant qu’«un quart de la surpopulation carcérale française se trouve en Occitanie», conclut sa secrétaire générale.