Le gouvernement veut passer rapidement à l'étape suivante. Alors que le budget de la Sécurité sociale est de retour à l'Assemblée nationale lundi 3 février, le Premier ministre a annoncé à la Tribune du Dimanche qu'il engagera la responsabilité de son gouvernement sur le budget et le budget de la Sécurité sociale, en déclenchant l'article 49.3 de la Constitution.
En attendant, les députés vont examiner à partir de ce lundi soir le PLFSS 2025, dans sa version votée par les sénateurs en novembre.
Dépenses de santé en hausse...
Le texte qui arrive au Palais Bourbon promet une hausse des dépenses de santé. Le gouvernement prévoit une rallonge d'un milliard d'euros pour les hôpitaux. Il veut aussi supprimer les tickets modérateurs, c'est-à-dire ce qui reste à la charge des patients après le remboursement de l'Assurance maladie, pour un coût de 400 millions d'euros.
Le projet de budget de la Sécurité sociale initial prévoyait un déficit à 16 milliards d'euros, mais avec l'abandon de certaines mesures et le retard pris depuis la censure du gouvernement Barnier, le montant s'avère plus élevé. L'exécutif table désormais sur un déficit à 23 milliards, voire 30 milliards en l'absence de budget.
... Et nouvelles recettes
Pour dégager de nouvelles sources de financement, le texte des sénateurs revoit notamment à la hausse la taxe soda et renforce la fiscalité sur les jeux et paris en ligne pour un gain est estimé à 300 millions d'euros. Pour soulager les comptes de la Sécu, l'exécutif souhaite aussi baisser le plafond d'indemnisation des arrêts maladies de 1,8 à 1,4 Smic, cette fois pour des économies à hauteur de 400 millions d'euros. Autre mesure envisagée, une contribution plus forte des mutuelles et des complémentaires. Le gouvernement pense pouvoir récupérer un milliard d'euros en les taxant davantage. Une manière aussi de compenser la hausse de leurs cotisations.
Enfin, le texte prévoit d'instaurer une nouvelle journée de solidarité pour financer les mesures en faveur du grand âge. Cela reviendrait à faire travailler chaque salarié 7 heures de plus par an, sans rémunération. Une proposition non seulement décriée par la gauche, mais que le Premier ministre a aussi écarté la semaine dernière, en rappelant que le travail ne doit pas être gratuit.