Le 30 septembre 1995, Jean-Luc Lagarce s’éteignait à l’hôpital Cochin, victime du sida, à l’âge de 38 ans. Sa renommée posthume est manifeste. Ses pièces de théâtre, traduites en plus de 25 langues, continuent d’être montées en France et à l’étranger. Les plus jouées sont Juste la fin du monde (mise en scène à la Comédie-Française en 2008, portée au cinéma par Xavier Dolan en 2016), le Pays lointain, Derniers remords avant l’oubli, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne…
Son roman, le Voyage à La Haye, témoigne de la veine autobiographique à peine voilée qu’illustre son théâtre, où les mots échangés entre les êtres, loin d’aider à la compréhension réciproque, laissent entendre sourdement le secret de l’homosexualité, plus crûment abordée dans ses textes intimes. Né en Franche-Comté, à Héricourt (Haute-Saône), dans une famille d’ouvriers chez Peugeot, Jean-Luc Lagarce écrit sa première pièce au collège. Il suit des cours de théâtre à Besançon et étudie la philo. En 1977, il fonde le Théâtre de la Roulotte. Il met en scène des œuvres de Marivaux, Lorca, Ionesco…
La rencontre avec Micheline et Lucien Attoun (Théâtre ouvert) sera décisive dans son accession à une écriture résolument personnelle. En 1992, il fonde à Besançon la maison d’édition les Solitaires intempestifs avec François Berreur, qui la dirige aujourd’hui et annonce une série de manifestations en hommage à Jean-Luc Lagarce. La ville de Besançon a d’ores et déjà, ces jours derniers, lors de son festival littéraire, « Livres dans la Boucle », offert en divers lieux des lectures, des extraits de pièces, un concert et une table ronde sur l’œuvre et l’homme, devenu un « classique » de la littérature théâtrale, en même temps qu’une figure romanesque.
Paris ne sera pas en reste, puisque le 16 octobre une plaque sera apposée au 15, rue Didot (14e arrondissement), où Jean-Luc Lagarce vécut de 1986 à 1992. Par ailleurs, les Solitaires intempestifs publient, sur le site www.lagarce.net, les dernières actualités de leur auteur phare, quotidiennement mises à jour. Cette saison, nombre de ses pièces se jouent, dans quelque 40 villes en France, comme en Allemagne, en Tchéquie, en Lituanie et en Italie. Ont été édités, en cartes postales, disponibles gratuitement en s’adressant au site, de beaux portraits photographiques de celui qui a pu écrire : « Nous avons le devoir de faire du bruit. Nous devons conserver au centre de notre monde le lieu de nos incertitudes, le lieu de notre fragilité, de nos difficultés à dire et à entendre. »
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