Un homme décède de la rage à l’hôpital de Perpignan

C’est un événement rarissime en France : jeudi dernier, un homme est décédé de la rage au Centre hospitalier de Perpignan où il avait été admis le 18 septembre. « Des investigations sont en cours afin de déterminer l’origine de la contamination », a indiqué l’hôpital dans un communiqué.

L’homme avait entre 30 et 40 ans et travaillait dans une jardinerie de Perpignan, selon des informations révélées par un témoin anonyme au journal L’Indépendant . « Quand il est arrivé, il présentait des symptômes d’hydrophobie (peur de l’eau), propre à la rage, raconte-t-il au journal local. Puis, il souffrait de convulsions. Il a donc été placé en service réanimation, contentionné car il faisait plusieurs crises convulsives. On l’a curarisé en lui injectant des opiacés pour l’endormir et le placer en coma artificiel mais ça ne fonctionnait pas. »

Passer la publicité

« Des scarifications dans le dos »

La rage se transmet par morsure, léchage ou griffure d’un animal infecté. C’est par ce biais que l’homme a pu être contaminé, car il présentait « des scarifications dans le dos », selon le témoin de L’Indépendant. L’homme s’était rendu cet été au Maghreb, dont il est originaire. Est-ce là-bas qu’il a été infecté ? La rage ne circule plus en France hexagonale dans la faune sauvage (hormis chez les chauves-souris) et seuls 26 cas humains ont été diagnostiqués sur le territoire depuis 1970, tous contractés lors de voyages dans des zones à risque selon Santé publique France. Les autorités alertent également sur le risque lié aux importations illégales de chiots, et notamment ceux acquis au Maghreb.

La transmission d’homme à homme est exceptionnelle, notamment par transplantation d’organe ou de la mère au fœtus, indique l’Institut Pasteur. Par « mesure de précaution », indique cependant le Centre hospitalier, «les personnels soignants qui ont pris en charge ce patient ont été vaccinés ».

L’issue « toujours fatale »

Impossible en effet de se contenter de surveiller les personnels pour ne les traiter que si des symptômes apparaissaient : une fois la maladie déclarée, l’issue est «toujours fatale», précise l’Institut Pasteur. Le virus de la rage infecte le système nerveux. Après un à deux mois d’incubation, la personne infectée développe un tableau d’encéphalite avec notamment une anxiété, de l’agitation, des troubles de la conscience, et les signes d’une perturbation du système nerveux autonome, qui contrôle l’activité cardiaque ou la respiration (hypersalivation, anomalie du rythme cardiaque et de la tension artérielle...). «L’hydrophobie (spasme involontaire des muscles du cou et du diaphragme à la vue de l’eau) est parfois observée », ajoute Pasteur. Une fois les signes déclarés, le coma puis le décès surviennent en quelques heures à quelques jours.

En cas d’exposition à un animal possiblement infecté (les animaux sauvages, mais aussi les animaux domestiques dans les pays où la maladie circule), il faut soigneusement nettoyer et désinfecter en urgence les plaies. Une vaccination doit aussi être effectuée en urgence, avec 4 ou 5 injections réparties sur un mois. Un vaccin préventif est disponible pour les personnes à haut risque (vétérinaires, voyageurs dans certaines régions...). On estime que 17 millions de personnes chaque année dans le monde reçoivent une prophylaxie antirabique post-exposition, et que 59 000 personnes meurent de la rage, principalement en Asie et en Afrique.

Информация на этой странице взята из источника: https://sante.lefigaro.fr/social/sante-publique/un-homme-decede-de-la-rage-a-l-hopital-de-perpignan-20250930