Roland-Garros : «Le résultat fait mal», souffre Sinner

Assommé, Jannik Sinner est longtemps resté prostré. Le court Philippe-Chatrier essayait de remettre de l’ordre dans le torrent d’émotions après une finale de légende remportée au bout du suspense par Carlos Alcaraz qui, pour la première fois de sa carrière, a remonté un handicap de 2 sets. Et écarté 3 balles de match dans le 4e set. L’Italien, éberlué, avait le regard vide, les gestes lents. Il a participé au protocole un peu groggy. Avant d’enchaîner avec les obligations. Avec le cœur serré. En conférence de presse, Jannik Sinner (le n°1 mondial) qui a raté de peu un troisième titre du Grand Chelem consécutif (après l’US Open et l’Open d’Australie) est revenu sur un match entré dans la légende (5h29, plus long que la finale 1982 qui avait opposé Mats Wilander et Guillermo Vilas et duré 4h42). Après avoir encaissé une 5e défaite consécutive contre Carlos Alcaraz, l’Italien reste bloqué à 3 titres du Grand Chelem (Open d’Australie 2024, 2025, US Open 2024). Il n’oubliera jamais sa première finale à Roland-Garros. Extraits de sa conférence de presse.

L’épilogue cruel : «Je suis heureux de pouvoir atteindre ce type de niveau. Je suis heureux de ce tournoi, mais bien sûr, cela fait mal. Il n’y a pas grand-chose à dire pour l’instant. Mais encore une fois, je suis heureux de la manière dont j’essaie de m’améliorer tous les jours. J’essaie de me mettre dans ce type de position. Le match était de très haut niveau, c’est certain. Donc, je suis heureux d’en faire partie. Mais le résultat final fait mal.»

Les sentiments traversés : «Tant que l’on continue à jouer, on ne pense pas aux occasions qu’on a eues. J’ai essayé d’oublier tout ce que j’avais fait dans les Grands Chelems et de recommencer à zéro à chaque fois. Donc, bien sûr, j’étais déçu par rapport au quatrième set, aux balles de match, de servir pour le match. Mais encore une fois, je suis resté dedans mentalement. Je n’ai pas lâché de points gratuits. Quand c’était terminé, c’était terminé. Il y a d’autres sensations, d’autres choses qui te traversent l’esprit. On ne peut rien changer une fois le match terminé, mais quand on commence le cinquième set, on peut toujours tout changer.»

La statistique qui fait mal (Alcaraz a remporté 13 des 14 matches de plus de 3h50 disputés, Sinner aucun en 8 matches) : «On ne peut pas comparer ce match avec d’autres matchs. Physiquement, ça allait bien, bien sûr, j’étais fatigué, mais lui aussi, ça se voyait. C’était un match physique, un match mental. Que faire ? Maintenant que l’on connaît les résultats, c’est comme ça, on ne peut rien changer. Je suis quand même heureux d’avoir joué ce match. Je pense que c’était un match de très haut niveau, un très long match. Cela arrive, on l’a vu par le passé avec d’autres joueurs, et cela m’est arrivé à moi. Donc, on essaie de l’oublier, quelque part de penser aux points positifs et de continuer. Il n’y a pas d’autre façon de procéder (…) Cela fait mal, oui, mais d’un autre côté, on ne peut pas avancer en pleurant.»

Avec Alcaraz, la nouvelle rivalité du monde du tennis : «Chaque rivalité est différente. À l’époque, le jeu était un peu différent. Maintenant, la balle va très vite. C’est très physique. C’est un peu différent d’après moi. On ne peut pas comparer. J’ai eu la chance de jouer contre Novak (Djokovic), Rafa (Nadal). Je n’ai jamais malheureusement joué contre Roger (Federer) lors d’un Grand Chelem. Pour battre ces hommes, il en faut beaucoup. J’ai le même sentiment avec Carlos (Alcaraz) et d’autres joueurs également. C’est bien de voir que l’on peut produire un tennis de ce niveau également puisque c’est bien pour le sport, le tennis en général, pour le public. L’ambiance aujourd’hui (dimanche) était extraordinaire. En faire partie est spécial. Je suis heureux d’en faire partie. J’aurais été encore plus heureux si j’avais pu soulever le grand trophée, mais comme j’ai dit, on ne peut rien changer maintenant.»

Propos recueillis en conférence de presse

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