Boudé par les Blacks, adoubé par Vern Cotter… Cinq choses à savoir sur Harry Plummer, le nouvel ouvreur de Clermont

Barré chez les All Blacks

Sa venue en France est liée à un constat : il n’est pas dans les petits papiers du sélectionneur néo-zélandais, Scott Robertson. Qui lui préfère Beauden Barrett, mais également Damian McKenzie et Richie Mo’unga. Une rude concurrence pour Plummer, qui n’a cependant pas eu l’occasion de montrer son talent sous le maillot à la fougère. Une seule sélection, le 21 septembre 2024, pour quelques minutes en fin de match contre l’Australie. 2024, l’année où il avait mené, comme titulaire, les Auckland Blues, entraînés par un certain Vern Cotter, à la victoire finale en Super Rugby (il avait déjà été finaliste en 2022). Un numéro 10 qu’il avait cependant ensuite perdu au profit de… Beauden Barrett, de retour d’une pige au Japon.

«Je sentais que je n’allais probablement pas avoir une chance réelle de réaliser ce que j’avais imaginé, a confié Harry Plummer au New Zealand Herald. Le probable retour (du Japon, NDLR) de Richie Mo’unga n’a pas scellé mon destin, mais ça m’a un peu pesé. Oui, je suis jeune (27 ans), mais j’ai cette opportunité incroyable de changer radicalement de vie, de déménager dans une région vraiment sympa de France et de participer à une grande compétition. Cela me fera beaucoup grandir, en tant que personne et en tant que joueur, de pouvoir jouer au rugby dans l’hémisphère nord. (…) Mais je n’ai de rancune envers personne, ni la sélection, ni les Blues. C’est comme ça. On ne peut pas jouer éternellement en Nouvelle-Zélande…» Un choix fort puisque venir disputer le Top 14 l’élimine pour les All Blacks et la Coupe du monde 2027.

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Encouragé par Vern Cotter

Le nouveau patron sportif des Blues connaît bien Clermont pour avoir entraîné l’ASM de 2006 à 2014. Vern Cotter lui a donc donné de précieux conseils sur sa future destination. «Après la saison, on a bu un verre avec Vern et il m’a expliqué à quel point la ferveur était incroyable ici et l’histoire de l’ASM. Il m’a expliqué ce que j’avais à faire, en adhérant à la culture de ce club. Clermont est un club qui a la réputation d’être travailleur, ce ne sera pas facile, je le sais, mais je suis impatient d’apprendre.»

Harry coche toutes les cases !

Christophe Urios

Souhaité par Christophe Urios

Les départs de Benjamín Urdapilleta (retraite) et Anthony Belleau (Northampton) rendaient impératif la venue d’un ouvreur. Et le nom de Plummer s’est tout de suite posé en haut de la liste. «Harry était notre premier choix, la cible prioritaire de notre recrutement», affirme Christophe Urios, qui avait également sondé l’Anglais George Ford et l’Argentin Tomas Albornoz. «Nous étions à la recherche d’un joueur de niveau international, capable de s’adapter au style de jeu offensif que nous souhaitons mettre en place avec de l’expérience mais aussi encore une marge de progression. Son profil lui permettra de s’adapter au rugby de l’hémisphère nord et en particulier celui de notre championnat. Harry coche toutes les cases ! Il possède, en plus, un excellent jeu au pied et de belles qualités physiques qui en font un défenseur solide et une arme capable d’attaquer la zone d’affrontement sur les premiers temps de jeu. Comme la plupart des joueurs néo-zélandais, il possède une technique et une culture rugby qui vont profiter à l’ensemble du groupe. C’est vraiment LE joueur que nous souhaitions pour nous aider à construire le prochain cycle de l’ASM», a confié le manager de l’ASM au site du club. Sans oublier que Plummer, au physique solide (1,85 m pour 96 kg) est également capable de jouer au poste de centre.

Apprentissage accéléré du français

Avant même de débarquer en Auvergne, Harry Plummer avait passé un deal avec son futur staff : prendre sans délai des cours de français pour faciliter son intégration. «Je dois apprendre très vite la langue de par mon poste, où je dois beaucoup communiquer, mais également pour comprendre les réunions ou les séances vidéo plus facilement.» Pour accélérer l’apprentissage, il n’a pas hésité à débarquer en avance, dès début juillet. «Je suis arrivé très tôt, au début du mois de juillet. Cela m’a permis de rencontrer quelques-uns de mes coéquipiers, notamment les Espoirs et les autres recrues.»

Déjà conquis par la Yellow Army

Sa première à domicile, dimanche dernier face au Stade Toulousain, a confirmé ses attentes. À savoir un stade Marcel-Michelin en fusion. «Beaucoup de bruit et beaucoup de passion. Je sais à quel point les Clermontois sont passionnés. La Yellow Army est un groupe de supporters vraiment spécial. Et je ne pense pas qu’il existe quelque chose de similaire ailleurs dans le monde. C’est incroyable.» Une raison de plus de ne pas regretter son choix de l’exil. «Le rugby nous offre l’opportunité incroyable de voir le monde entier. C’est quelque chose qu’aucun autre métier ne permet : voyager tout en continuant à faire ce que l’on aime. Clermont est un formidable endroit pour me montrer un nouveau mode de vie. Je n’y suis que depuis deux mois, donc j’apprends encore beaucoup. Le style de vie, les gens, la culture sont clairement différents de chez moi. Mais c’est quelque chose que j’apprécie à connaître.»