Le festival BD d’Angoulême 2026 de plus en plus compromis

Nouveau rebondissement dans le feuilleton sulfureux de l’annulation ou non du 53e festival de BD d’Angoulême. Lucky Luke n’a pas l’air d’apprécier... ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Après un démenti de l’annulation de la manifestation par les organisateurs, les éditeurs de bande dessinée expriment malgré tout leur scepticisme quant à la tenue de la 53e édition en janvier prochain.

Passer la publicité Passer la publicité

Le feuilleton houleux d’Angoulême n’en finit pas de rebondir. Mercredi matin, une allégation du quotidien Libération  entérine l’annulation du 53e Festival de bande dessinée international d’Angoulême initialement prévu du 29 janvier au 1er février. «Une information erronée» selon l’organisation du Festival FIBD 2026 exprimé dans un communiqué envoyé dans la foulée. L’association 9eArt+ «formule l’espérance que les discussions en cours pourront permettre de trouver une solution afin que se tienne l’édition 2026». Selon eux, rien n’est encore joué.

Cependant le scepticisme règne. Mercredi matin 19 novembre, un communiqué du SNE (syndicat national de l’édition) salue d’abord «les avancées majeures proposées par les pouvoirs publics pour une réforme historique de la gouvernance du festival international de la Bande dessinée d’Angoulême». Mais il émet de sérieuses réserves quant à la tenue de l’édition 2026 secouée par le maintien du boycott des auteurs malgré le changement de gouvernance annoncée en fin de semaine dernière. «Compte tenu de ce mouvement de grande ampleur qu’ils comprennent, les éditeurs estiment que l’édition 2026 ne pourra plus se tenir», précise le communiqué.

Passer la publicité

Hier soir, le ministère de la Culture avait déjà douché les espérances angoumoisines, affirmant avoir réduit de 200.000 euros son aide au festival de la BD d’Angoulême, actuellement en crise, après des «manquements» lors de son édition 2025. Une coupe déplorée par les collectivités locales. Xavier Bonnefont, maire centre droit d’Angoulême, y a vu quant à lui, un «manque de soutien. Pour un festival leader de toute une filière artistique, ça ne coûte pas cher à l’État», a-t-il déclaré à l’AFP.

« Ce ne serait pas la première fois qu’un festival de grande renommée disparaît »

François Schuiten, Grand Prix 2002

Interrogée mardi à l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a appelé à éviter que le festival «ne devienne un naufrage à compter de l’édition 2026», annonçant une réduction de plus de 60% de la subvention accordée» par l’État à 9e Art+. Au total, les collectivités locales et l’État contribuent à près de la moitié du budget du festival, qui s’élevait en 2023 à quelque 6,6 millions d’euros, selon les derniers comptes disponibles de 9e Art+.

Si l’édition 2026 du festival n’a pas lieu, la manifestation pourrait-elle disparaître purement et simplement? « Ce ne serait pas la première fois qu’un festival de grande renommée disparaît, rappelait le dessinateur François Schuiten au Figaro  la semaine dernière. Je garde en mémoire le Festival du film fantastique d’Avoriaz disparu en 1993, ou le Festival de l’humour de Chamrousse, qui s’est éteint tristement en 1996. Tout cela pour dire qu’on a beau bâtir année après année une manifestation de notoriété mondiale, sa fragilité n’en demeure pas moins. Angoulême est un festival géant, aux pieds d’argile. »

Информация на этой странице взята из источника: https://www.lefigaro.fr/bd/le-festival-bd-d-angouleme-2026-de-plus-en-plus-compromis-20251119