C’est une des réussites industrielles de l’année qui vient de s’écouler. Royal Enfield, le constructeur indien de motos au design néorétro inspiré des années 70-80, vient de franchir un cap symbolique. Entre avril 2024 et mars 2025, elle a vendu plus d’un million de motos dans le monde, soit une croissance de 11 % par rapport à l’exercice précédent.
Le mois de mars 2025 a été particulièrement réussi, avec une augmentation de 34 % des ventes spécifiquement sur cette période. Ces résultats sont dus à deux modèles phares, la Royal Enfield Hunter 350 écoulée, à plus de 500.000 unités depuis son lancement en 2022 et la Super Meteor 650, une grosse cylindrée qui confirme son attractivité avec plus de 50.000 ventes en deux ans.
Si l’Inde reste son marché principal (902.757 ventes), les exportations ont bondi de 37 %, atteignant 107.143 unités. La marque s’appuie sur des usines locales, comme en Thaïlande, et une entrée réussie au Bangladesh. En France, le nombre d’immatriculation n’est également pas en reste et observe une certaine croissance. Alors comment expliquer ce phénomène ?
Des prix abordables
Pour Alberto, concessionnaire Royal Enfield - Paris Bastille, «dans le contexte économique actuel, nous observons une baisse des ventes de motos, en partie en raison des restrictions écologiques et des problèmes économiques». Avec un pouvoir d’achat en baisse donc, les consommateurs recherchent des alternatives abordables. Royal Enfield représente donc un choix qualité - prix très honnête pour les passionnés de moto. «Nos tarifs sont très concurrentiels, entre 4500€ et 8000€, ce qui permet de se faire plaisir avec une gamme très large», note Alberto.
Les atouts de Royal Enfield, sont également de «proposer des motos classiques», qui reviennent à l’essentiel. «Beaucoup de motards expérimentés viennent chez nous pour retrouver des motos basiques, sans ordinateur de bord complexe, qui n’ont pas 200 chevaux, mais avec tous les fondamentaux qui font le plaisir de la moto», explique le concessionnaire. Par exemple, la puissance de ces motos est volontairement limitée, avec un maximum de 47 chevaux, «ce qui correspond parfaitement aux besoins réels de la majorité des motards».
La nostalgie des années 70
Le design de ces deux-roues, est également un atout de taille. Inspirée des années 70-80, leur allure plaît beaucoup aux jeunes comme aux plus âgés. Il évoque une certaine authenticité perdue. «Notre clientèle est très variée, nous avons des nostalgiques qui recherchent exactement le même modèle que celui qu’ils ont connu dans leur jeunesse. Nous accueillons également de nombreux nouveaux clients attirés par l’image authentique de Royal Enfield », explique Alberto. «On observe le même cheminement que dans l’ameublement: un retour aux pièces authentiques des années 70-80, mais remises au goût du jour», ajoute-t-il. Voilà un savant équilibre entre technicité et authenticité. «Les technologies ont tellement évolué... Le consommateur voit qu’on ne peut pas aller plus loin et recherche donc autre chose», conclut-il.