Lac Léman : les pêcheurs victimes du réchauffement climatique

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600 m de filet qui remonte presque vide. Perche, féra ou truite, ces poissons se font de plus en plus rares dans les caisses d'Alexandre Vulliet. Il pêche sur le lac Léman depuis 15 ans et n'a jamais connu une telle situation. "C'est de plus en plus compliqué. On a une vraie baisse du nombre de captures. On a des captures qui sont divisées par trois ou quatre en moyenne sur l'année. Même si les prix de vente ont un peu augmenté, on n'arrive pas à faire tourner nos entreprises correctement", confie le pêcheur.

Il est donc difficile pour le professionnel de joindre les deux bouts. "L'an dernier, je n'ai pas pu me sortir de salaire. Cette année, pour l'instant, on est déficitaires. À la fin de l'année, on ne sait pas comment on va faire", poursuit-il.

Une eau trop chaude et des espèces invasives

Tous les pêcheurs du lac sont impactés. Lionel Bouchet a déjà pensé à une reconversion. En 2024, il a vu son chiffre d'affaires divisé par deux. Une des raisons de la raréfaction des poissons est la température de l'eau du lac qui augmente trop. "Il y a un problème avec le réchauffement climatique, avec des eaux trop chaudes dans les zones de reproduction des féras. Il faut de l'eau très froide pour avoir une bonne qualité d'œufs", déplore Lionel Bouchet.

Les 36 pêcheurs français du Léman alertent. Sans aide, leur métier artisanal risque de disparaître. "Nous, on demande d'être soutenus un peu dans ces temps difficiles pour pouvoir rebondir les années où il y aura du poisson", lance le pêcheur.

Les scientifiques accusent eux aussi le changement climatique. Les poissons pêchés dans le lac se reproduisent en hiver dans une eau à sept degrés. Au-delà, les embryons ne peuvent pas survivre.

"On voit que ces dernières années, on atteint des températures journalières de plus de 8, 8,5 degrés, ce qui va affecter le développement embryonnaire", explique Chloé Goulon, ingénieure d’étude à l’unité de recherche Cartel à l’INRAE.

L'augmentation des espèces invasives entraîne aussi un déséquilibre de l'écosystème, impactant directement l'alimentation des féras. "Il y a des ressources alimentaires qui sont en fort déclin dans le lac, notamment concernant le zooplancton crustacé", poursuit la spécialiste. À l'avenir, d'autres poissons vont continuer à se développer, mais ces espèces sont souvent moins pêchées, car moins consommées.

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