158 de QI, Nadal, Pokémon... 6 choses à savoir sur Térence Atmane, nouvelle sensation du tennis français

Térence Atmane est en train de secouer le monde du tennis. Le Français enchaîne les succès au Masters 1000 de Cincinnati. Le dernier en date : une victoire face au quatrième mondial Taylor Fritz, demi-finaliste à Wimbledon et vainqueur à Stuttgart. De son côté, le natif de Boulogne-sur-Mer végétait jusqu’ici à la 136e position au classement ATP mais va intégrer le top 100 à l’issue de ce tournoi. Partez à la découverte d’un joueur aux caractéristiques peu communes.

Diagnostiqué HPI

«Je peux faire des choix qui paraissent exceptionnels pour certaines personnes, mais qui pour moi paraissent vraiment cohérents et logiques.». Voilà comment Térence Atmane décrivait l’impact de son QI de 158 sur son jeu il y a quelques mois dans une interview accordée au média Dicodusport . Le Boulonnais a également évoqué les côtés négatifs de cette particularité auprès de Behind the raquet  : «Cela peut m’amener à faire le mauvais choix parce que je deviens nerveux ou que je commence à trop réfléchir» notait le futur membre du top 100. Le Français tient quand même à rassurer : «En dehors des terrains, je suis quelqu’un de très calme, très posé, très gentil. Il y a vraiment une personnalité sur le court, et une autre en dehors. Sur le court, je suis très expressif, j’aime beaucoup faire le show devant des grosses ambiances, c’est vraiment ce qui m’anime».

Passer la publicité

Un coup droit à la Nadal

Difficile de recevoir meilleur compliment lorsqu’on est joueur de tennis. Le coup droit de Térence Atmane a été comparé à celui de l’illustre espagnol Rafael Nadal, quatorze fois vainqueur à Roland-Garros. Le directeur technique national chargé du haut niveau à la FFT (Fédération française de tennis), Ivan Ljubicic, s’est même dit «fan» du tricolore avant d’assurer que Richard Gasquet, qui vient de prendre sa retraite lui avait dit : «Il y a eu Rafa (Nadal), mais après, personne d’autre que Terence n’a ce coup droit lourd comme ça. Mais il n’arrive pas encore à gérer sa dépense énergétique mentale. Terence a beaucoup de boulot devant lui», indiquait le Croate.

Autre comparaison flatteuse, en 2023, Atmane était le deuxième joueur du circuit avec le meilleur pourcentage de succès dans ses tie-breaks (74%), juste derrière la légende Novak Djokovic, maître de l’exercice (76%). Le Français a remporté 26 de ses 35 jeux décisifs cette année-là. Le président du club de tennis de Boulogne-sur-Mer, où il est toujours licencié, révélait même : «Plus il y a d’enjeu et d’ambiance, plus ça le stimule. Cette statistique dans les tie-breaks, ce n’est pas un hasard». Il faut dire que son mètre 93 est également un bel atout, qu’il sait parfaitement mettre à profit, surtout au service.

Grand collectionneur de cartes Pokémon

Térence Atmane est un grand fan de Pokémon. Il en collectionne les cartes depuis... 2007, il n’avait alors que cinq ans. Le tricolore a même assuré posséder «une des plus grandes collections de France» avant de préciser d’où lui venait cette passion : «quand j’étais petit, je regardais Pokémon à la télé. C’est venu assez naturellement, à l’école et tout ça. Les gens en parlaient et c’était déjà connu dans le monde à ce moment-là». Le Boulonnais a révélé posséder plus de 10.000 cartes. Atmane a même confié une anecdote savoureuse qui a changé sa vie à ce sujet : «Je jouais toute la journée. Un jour, ma mère est rentrée à la maison et m’a dit “assez de jeux vidéo, je vais t’acheter une raquette de tennis, allons à un club pour essayer”, depuis je n’ai jamais arrêté de jouer au tennis». L’intuition féminine sans doute.

«Il insultait les arbitres»

Une des grandes caractéristiques d’Atmane est sa sensibilité. Il l’a reconnu lui-même à plusieurs reprises, il a du mal à gérer ses émotions. Son entraîneur de l’époque Robin Boulé notait qu’il «pétait les plombs à droite, à gauche. Ce n’était pas volontaire mais il cassait des raquettes, insultait les arbitres... C’est comme ça que ça disjonctait chez lui. On a surtout travaillé la stabilité émotionnelle car c’est un joueur hyper-émotif». Le principal intéressé évoquait aussi cette lutte contre lui-même en mai 2024 : «On a beaucoup travaillé et on s’est énormément remis en question durant l’intersaison avec mon coach. J’ai senti quelques déclics mentaux».

Cela ne l’a pas empêché de perdre le contrôle à Roland-Garros l’année dernière. Le Français s’énervait alors en lançant un «oh non Térence, c’est quoi cette merde ?» ou encore un «mais la chatte qu’il a sérieux», faisant référence à la prétendue chance de son adversaire Sebastian Ofner ce jour-là. Il a ensuite dégoupillé en frappant une balle en direction des tribunes «à pleine puissance» selon l’Autrichien. Une spectatrice avait alors été touchée au genou. Loin de faire son mea culpa, le colérique tricolore ne s’était même pas excusé auprès de la dame en question. Le juge-arbitre ne l’a pas disqualifié, estimant que ce n’était «pas assez», ce qui n’a pas évidemment pas plu à Ofner : «Si tu fais quelque chose comme ça, tu dois être puni. Sur le circuit Challenger, tu prends des amendes incroyables pour quasi rien. Et là, tu es en Grand Chelem, sur la plus grande scène, et tu peux faire ce que tu veux», regrettait-il, amer.

Passer la publicité

Ivan Ljubicic a même défendu Atmane après coup : «Parfois, il perd la tête, le focus, le fil. Il a tous les outils pour jouer à un niveau très intéressant. Je parle de top 30, top 20. Il est tellement explosif et si fort physiquement. Techniquement, il a tout. Avec son coup droit de gaucher et le topspin qu’il possède...» Des qualités indéniables mais un tempérament qui interroge toujours.

Viré par son équipementier Asics

En octobre 2024, Térence Atmane avait déjà fait parler de lui... pour une mauvaise raison. Le Français avait été remercié par son équipementier japonais et soutien Asics. Dans un message publié sur Instagram, il n’avait pourtant affiché aucune rancune : «c’était un plaisir pour moi de représenter cette famille. Même si vous m’avez viré, je ne peux pas me plaindre de cette décision. J’espère que vous avez profité de voir à quel point j’ai évolué mentalement après cette semaine, car ce n’est que le début d’un nouveau Moi...», un bon présage. Atmane n’a donné aucune explication claire mais le fait qu’il soit rentré sur le court du Masters 1000 de Shanghai avec des chaussures de la marque Nike n’est sans doute pas étranger à cette décision d’Asics. Le Boulonnais s’est récemment remémoré cette situation : «je n’ai aucun sponsor en dehors de Tecnifibre pour les raquettes. L’an dernier, je me suis fait virer par Asics. Depuis, j’achète mes vêtements comme tout le monde, idem pour les chaussures. Je n’ai pas d’agent, je fais mon truc tout seul dans mon coin».

Le même entraîneur que Richard Gasquet

Un point commun unit le néo-retraité Richard Gasquet au jeune fougueux Térence Atmane, leur entraîneur. Guillaume Peyre a coaché le Biterrois de 2008 à 2009 en entoure désormais le natif de Boulogne-sur-Mer, qu’il tente de canaliser. L’ancien sixième mondial aurait d’ailleurs pu arrêter sa carrière face à son compatriote s’il n’avait pas caqué, peut-être saisi par l’enjeu, à Roland-Garros cette année. Victimes de plusieurs crampes, il s’est lourdement incliné en quatre sets 6-2, 2-6, 6-3, 6-0. Il est même sorti sous les huées du public à cause de son comportement. La poignée de main tendue entre les deux joueurs en disait long sur son état d’esprit du moment. Mais Gasquet lui-même, malgré les possibles rancœurs, a reconnu le talent fou d’Atmane.