Justice fiscale : comment la gauche a imposé la taxe Zucman dans le débat public

C’est donc ici que se prépare la révolution. Le cinquième étage de la Paris School of Economics, dans le sud de Paris, a pourtant des allures de simple laboratoire de recherche, avec ses indéchiffrables équations inscrites au feutre noir et ses doctorants à lunettes.

Mais, à en croire les alertes des Échos, de l’Opinion ou encore du Figaro, il ne faudrait pas se fier aux apparences. Depuis l’obscur bureau 31, un « militant d’extrême gauche » de 38 ans qui « vise la destruction de l’économie libérale » (Bernard Arnault) et ses disciples, animés par « la haine des riches » (Le Point), ourdissent un odieux complot contre les multimillionnaires et autres milliardaires.

Pourquoi la taxe Zucman séduit 85 % des Français

L’Humanité s’attendait presque à rencontrer l’ennemi public numéro 1, mais c’est un homme au visage rond et à l’air timide qui a ouvert la porte. Gabriel Zucman est cet économiste mondialement reconnu, qui terrifie les puissants, au point d’atterrir désormais en une de leurs journaux, rarement pour en dire du bien. Illustre inconnu il y a encore un an, l’ex-enseignant à Berkeley (États-Unis) est devenu, d’après la plateforme Tagaday, la 9e personnalité la plus citée dans les médias français en septembre.

Devant Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon ou encore le Ballon d’or, Ousmane Dembélé. Et ce, grâce à un chiffre : 2 %. Le taux auquel il souhaite que l’administration fiscale prélève les 1 800 foyers détenteurs d’un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros. « Contrairement à une idée tenace, toutes les catégories sociales paient beaucoup d’impôts en France. Toutes sauf une : les milliardaires. (Ils) paient proportionnellement à leur revenu deux fois moins d’impôts que la moyenne », justifie le lauréat de la prestigieuse...