La veste en peau lainée n’a jamais été aussi tendance surfant sur son aspect fourrure sans en être, puisque cette peau d’agneau ou de mouton tannée avec sa laine, a le mérite de cocher la case éthique. Chez Yves Salomon, on traite ce sous-produit de l’industrie agroalimentaire depuis des décennies.
Cet hiver, le fourreur parisien lui dédie même une collection capsule de bombardiers et de vestes ceinturées tout poil dehors. Nous lui avons donc demandé comment choisir ce manteau d’hiver chaud, confortable, chic mais aussi relativement cher.
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Passer la publicitéLE FIGARO. - Comment expliquez-vous le succès cet hiver de la peau lainée?
YVES SALOMON. - Depuis deux hivers, on assiste à un retour inattendu de la fourrure, vintage ou non, dans la rue. L’industrie de la mode qui, pour des raisons éthiques, s’en est éloignée ces cinq dernières années, a donc jeté son dévolu sur la peau lainée qui, comme le cuir, est un sous-produit de l’industrie agroalimentaire. Chaque créateur, chaque marque traite ainsi cette matière à sa manière, en choisissant le poil à l’extérieur pour donner un vrai/faux aspect fourrure, ou à l’intérieur pour mettre en avant l’aspect daim de la peau. Alors que le daim au toucher velours est très demandé ces derniers temps, durant les intersaisons, la peau lainée est naturellement son pendant hivernal.
Elle s’inscrit également dans une tendance de luxe discret.
Effectivement, moins ostentatoire que la fourrure classique, elle est revenue à la faveur du «quiet luxury», autour de matières premières de très grande qualité et d’une palette de couleurs naturelles, comme le cachemire et le shearling. Chez Yves Salomon, nous travaillons la peau lainée depuis de nombreuses années, en utilisant nos techniques de fourreur pour façonner des vestes et des manteaux souples, légers, presque vaporeux. Tout en conservant une certaine structure pour rendre la pièce facile à porter, sans ce poids qui écrase la silhouette.
Quels sont les critères pour investir dans une bonne peau lainée?
Passer la publicitéLa qualité se repère à trois critères : la souplesse de la peau, la légèreté de la pièce et la brillance du poil. Une peau lainée de qualité est forcément légère, et contrairement à un pardessus en laine, elle n’a qu’une seule épaisseur. Sans doublure, ni ouatine, elle est pourtant, tout aussi chaude. Voire plus.
Il faut donc y mettre le prix?
Le prix est toujours lié à la qualité, il n’y a pas de secret. À bas prix, vous ne trouverez que des modèles lourds, raides, inconfortables qui resteront au placard. Pour un produit léger et souple, il faut compter autour de 2 500 euros. La grande différence réside dans la matière première et les techniques d’assemblage. Certes, cela représente un certain budget mais c’est aussi un bon investissement. Une belle peau lainée est intemporelle. C’est un manteau que l’on porte longtemps, et dans lequel on se sent bien, parce qu’il est à la fois chaud, léger et confortable.
Et que l’on pourra ensuite transmettre à la génération suivante?
Exactement. Regardez le succès des modèles des années 1970-1980 voire 1990 auprès des jeunes générations. À l’inverse, les manteaux que l’on trouve dans les enseignes de fast fashion, fabriqués en matière synthétique, seront inutilisables dans quelques mois. C’est le constat que font beaucoup de jeunes clients aujourd’hui: la fourrure et la peau lainée sont finalement plus durables que les alternatives issues de la pétrochimie. Elles incarnent parfaitement ces valeurs de réutilisation et de transmission qui leur tiennent à cœur. Sans courir après la tendance ou après la Gen Z, ce sont des valeurs que nous avons toujours défendues chez Yves Salomon.