Au Népal, des manifestations contre la corruption et la suspension des réseaux sociaux font au moins 17 morts

Sur les vidéos, les policiers lourdement équipés sont débordés, voyant leurs barrières tomber sous les coups des manifestants. Ce lundi, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Katmandou, la capitale du Népal, pour protester contre la suspension de nombreux réseaux sociaux et applications de messagerie, ainsi que pour dénoncer la corruption qui sévirait dans les rangs politiques.

Alors que la foule fondait sur le Parlement, la police népalaise qui ne parvenait à la freiner avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau a ouvert le feu, en compagnie de l’armée, faisant au moins 17 morts et de nombreux blessés.

Une vingtaine de médias sociaux interdits

Dans le petit pays d’Asie, on l’appelle la « manifestation de la génération Z », pour qualifier la jeunesse des manifestants. Elle aurait été déclenchée par la suspension de nombreux réseaux sociaux, après que ces derniers ont oublié d’accorder les garanties demandées par le gouvernement népalais en temps et en heure, soit le 28 août dernier.

Parmi celles-ci, la nomination de référents sur le sol national, leur responsabilité en cas de problèmes, ou encore leur bonne gestion et modération. Ainsi, une vingtaine de plateformes ont été suspendues, parmi lesquelles les américains Meta, X, LinkedIn, ou le Chinois WeChat.

Une poignée d’autres réseaux sociaux ont été déclarés « en règle ». En 2023, le gouvernement népalais avait déjà suspendu TikTok pour manquements à la loi, avant qu’il ne la respecte et soit rétabli en 2024. Un porte-parole a ajouté que les plateformes seraient rétablies aussitôt la régularisation effectuée.

Mais les manifestants ont profité de l’embrasement pour dénoncer la corruption et « l’autoritarisme » qui sévirait dans les rangs politiques. Le rassemblement a été lancé par Hami Nepali, une organisation qui se décrit comme apolitique, dirigée par des membres de la diaspora népalaise aux États-Unis. Les organisateurs ont évoqué des membres violents de groupes radicaux qui l’auraient infiltré.

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