Délit de solidarité : sept militants jugés à Bayonne pour avoir aidé des migrants à passer la frontière

En mars 2024, sept personnes avaient recueilli et accompagné jusqu’à centre d’accueil temporaire Pausa, à Bayonne, 36 exilés. Les personnes migrantes avaient profité de la Korrika, une course visant à promouvoir l’euskara (la langue basque), pour passer la frontière sans subir de contrôle policier et sans être refoulés.

Vêtus des mêmes chasubles que les autres participants, les exilés ont pu traverser le pont Saint-Jacques, entre Irun et Hendaye.

Un collectif en soutien aux militants

Ainsi, les sept militants de partis et associations de défense des droits des migrants sont jugés, ce mardi 7 octobre à 13 h 30, à Bayonne pour « aide à l’entrée et au séjour irrégulier en bande organisée ». Le procureur estime que ce délit aurait été commis « en bande organisée », les prévenus risquant dès lors dix ans de prisons.

L’action qui s’était déroulée en mars 2024 avait ensuite été revendiquée une douzaine de jours plus tard, dans un communiqué signé par une vingtaine de syndicats et de partis politiques et d’organisations comme la fédération basque pour l’accueil des exilés Etorkinekin Diakité.

Une vidéo réalisée pendant la course était également publiée par un média militant basque, le site Ahotsa info. Le procès devait initialement se dérouler à la fin du mois de janvier 2025 mais il avait été renvoyé à la demande des accusés.

À l’époque, devant le tribunal judiciaire de Bayonne, 200 personnes étaient venues soutenir les militants à l’appel du collectif J’accuse. Il s’agit de 80 organisations, associations d’aide aux migrants, syndicats, partis politiques, qui mènent une campagne pour soutenir les quatre hommes et trois femmes pour avoir simplement fait preuve de solidarité.

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