Top 14 : à Bayonne, la guerre des chefs est relancée
Le lourd revers de l’Aviron à Montpellier (62-22) fragilise le manager, Grégory Patat. Le président du club basque a sous-entendu que des changements pourraient rapidement avoir lieu.
Passer la publicité Passer la publicitéEt de sept. Pour la septième fois de suite cette saison, l’Aviron Bayonnais s’est ramassé à l’extérieur. Une déroute 62 à 22 à Montpellier. Si l’on retire l’humiliation chez les Harlequins de Londres en Champions Cup (68-14), lors des six défaites en Top 14 (depuis une victoire inaugurale à Perpignan, début septembre), les Basques ont concédé 49 points en moyenne. Répétitif et accablant.
Dans un contexte de relations tendues entre président de l’Aviron, Philippe Tayeb, et son manager, Grégory Patat, sous fond de défiance envers le nouveau directeur du rugby, Laurent Travers, cette nouvelle humiliation devrait précipiter des aménagements, voire des changements. Patat, qui refuse obstinément que Travers intervienne dans le sportif, a, cette semaine, également repoussé la proposition de son président d’intégrer un ancien de la maison, Jean Monribot, dans son staff pour seconder Stéphane Barberena dans le secteur de la touche.
Passer la publicitéMi-décembre, cependant, un petit événement avait déjà contribué à fragiliser sa position. Son bras droit, le Néo-Zélandais Gerard Fraser, avait vu son contrat être prolongé pour... quatre saisons. Une grosse marque de confiance dont Grégory Patta, prolongé jusqu’en 2027 seulement, n’avait pas bénéficié...
« Ce n’est pas moi le patron, c’est Philippe Tayeb… »
Grégory Patat
Évidemment, cette nouvelle lourde désillusion fragilise encore un peu plus la position du manager. En conférence de presse, le manager a esquivé les questions sur son avenir personnel. Se sent-il plus que jamais sur la sellette ? .«Je connais mon métier, je sais comment ça marche. Je suis là pour avoir des résultats. Chaque manager est soumis aux résultats. Je continue à travailler, je ne me pose pas la question. Mais, aujourd’hui, je n’ai aucun signal qui va dans ce sens (celui d’une mise à l’écart, NDLR).» Relancé sur le cas Monribot, Grégory Patat avait répondu dans un grand soupir. «Je ne sais pas. Il faut demander à Philippe Tayeb. J’ai ma position vis-à-vis de Jean. J’en ai discuté avec Jean. Mais ce n’est pas moi le patron, c’est Philippe Tayeb…»
Dans le même temps, au micro de Canal +, ce dernier entretenait le suspense. «Il y a un petit moment que j’ai tiré la sonnette d’alarme sur différents sujets. Je n’ai peut-être pas été entendu. Mais si, aujourd’hui, je ne suis pas entendu, il faudra prendre des décisions. Améliorer ce qui se passe, c’est obligatoire. On manque de contenu, de travail, peut-être même de dynamique et d’un peu de fraîcheur. Parfois, des changements de discours peuvent amener de la fraîcheur et ça peut être très positif…»
«Laurent Travers n’intervient pas dans le sportif... jusqu’à ce soir»
On pense alors légitimement à une intégration enfin effective de Laurent Travers à la tête du staff de l’équipe. «L’arrivée de Laurent n’a pas fait l’unanimité, ou peut-être la majorité. Quand j’ai décidé, avec le Conseil d’administration, de nommer Laurent, on pensait que c’était la personne de la situation pour nous faire grandir, pas pour remplacer qui que ce soit. Juste nous faire grandir et transmettre son expérience à tous les niveaux», rappelle le président de l’Aviron, soulignant que ça n’avait pas eu l’effet escompté «car il n’intervient pas dans le sportif... jusqu’à ce soir». Une menace enrobée d’un sourire énigmatique. Relancé par la journaliste de la chaîne cryptée, il ne développera pas. Les prochaines heures en diront plus sur les conséquences de ce revers à plus de 60 points.