Youssef M. sera-t-il finalement jugé ? C’est en tout cas ce que laissent imaginer les suites judiciaires données à l’attaque au couteau à laquelle plusieurs policiers ont échappé devant le commissariat de Cannes, le 15 mars dernier. D’abord interné en psychiatrie pour de présumés troubles mentaux, le suspect, un ressortissant marocain de 22 ans sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), a été entendu par les enquêteurs le 2 avril puis mis en examen par le juge d’instruction et placé en détention provisoire dans la foulée, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Grasse, confirmant une information de Nice-Matin.
Le jour des faits, Youssef M. s’était présenté à pied devant le commissariat puis avait dégainé un couteau de cuisine avant de tenter de s’en prendre aux trois fonctionnaires présents sur place. Mais il avait été désarmé rapidement et interpellé au moyen d’un pistolet à impulsion électrique (taser). Placé en cellule dans le cadre de sa garde à vue, il avait alors crié «Allah Akbar». La piste terroriste a pourtant très vite été écartée.
«Pas dans un état normal»
Car le jeune homme ne semblait «pas dans un état normal», lors de son interpellation, selon une source préfectorale. Il aurait notamment indiqué entendre des voix. À la suite de son examen médical, sa garde à vue avait été levée en vue de son hospitalisation en unité psychiatrique. Quelques jours avant ce passage à l’acte, il avait par ailleurs déjà été interpellé dans le centre-ville de Cannes pour des dégradations.
«Encore un qui va être désigné irresponsable par la Justice ?», s’était alors agacé dans un message sur X le maire LR de Cannes, David Lisnard. Et pour cause, trois ans plus tôt, devant le même commissariat de Cannes, un ressortissant algérien avait lui aussi tenté de poignarder quatre policiers «au nom du prophète». Également interné en soins psychiatriques, ce dernier a été jugé irresponsable pénalement le 27 mars par la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Une voie qu’a visiblement tenté d’emprunter à son tour Youssef M..