Pilier de la musique populaire américaine avec un répertoire allant de la pop au rock, en passant par le folk et la country, Neil Diamond, 84 ans, qui a aussi composé pour les légendes comme Elvis Presley, est méconnu en France. Mais cela pourrait changer avec Sur un air de blues. Entre comédie romantique et musicale, ce biopic, tiré d’une histoire vraie improbable et taillé pour les fêtes, oscille entre récit d’amour et de résilience sans fausse note.
Dans le Wisconsin des années 1990, Mike (Hugh Jackman), mécanicien vétéran du Vietnam, tire le diable par la queue et se bat pour rester sobre. Il se produit sur les scènes ouvertes des foires et dans les bars sur son temps libre, reprenant les tubes de Neil Diamond. Un soir, il croise Claire, mère célibataire et coiffeuse, amatrice aussi de variété américaine. Le coup de foudre artistique et charnel est immédiat.
À lire aussi Comédienne et musicienne: Kate Hudson, une artiste en pleine renaissance
Passer la publicitéDes grands-mères émoustillées
Peu importe que leur public soit composé de soudards ou de grands-mères émoustillées par la veste à franges de Mike et ses mouvements de bassin perclus d’arthrose ! De fil en aiguille, le manager de Mike - son dentiste - leur négocie une tournée des casinos locaux. Les voici qui tapent dans l’œil du jeune Eddie Vedder. Il leur demande d’assurer la première partie du concert de son groupe Pearl Jam. Mais alors que la consécration affleure, Claire plonge dans la dépression et l’addiction.
À lire aussi Neil Diamond, cœur vivant de la chanson américaine, cède son catalogue à Universal
En rendant hommage à la passion et au dévouement des chanteurs du dimanche, Craig Brewer (Hustle and Flow) prêche la communion et la renaissance par la créativité et la musique. le réalisateur tenait à signer un film à l’ancienne : dans ses grands sentiments, comme dans ses héros « boomers » qui ne sont plus des perdreaux de l’année depuis longtemps.
L’humour décalé, le kitsch et la tragédie se côtoient. Le résultat pourrait être mièvre, mais Hugh Jackman et Kate Hudson apportent une sincérité et un entrain brûlant et endiablé. Les talents d’interprète du premier ne sont plus à prouver. Pourtant, c’est Kate Hudson qui fascine. La comédienne retrouve les sommets de candeur et de persévérance de Presque célèbre, qui lui avait valu, en 2001, une nomination aux Oscars à 21 ans. Sa voix assurée et mélodieuse donne envie de reprendre l’emblématique Sweet Caroline, un des titres les plus iconiques de Neil Diamond.