Prise de contrôle du Venezuela : entre Monroe et Bush, la doctrine Trump à l’épreuve à Caracas

Des hélicoptères au-dessus de Caracas, Nicolás Maduro enlevé et déféré devant la justice des États-Unis, Donald Trump assurant que son pays allait diriger le Venezuela. La diffusion en boucle de ces images a nourri un sophisme géopolitique : l’Amérique a remporté une guerre ultra-éclair contre son ennemi numéro un sur le continent. C’était l’heure du « triomphe romain » en mondovision.

Dans un article pour la revue Foreign Affairs, Juan S. Gonzalez, directeur des affaires pour l’Amérique latine au Conseil national de sécurité de 2021 à 2024, met en garde contre cette lecture des événements : « Les images de Maduro sous la garde des États-Unis donnent une impression de finalité. (…) Pourtant, ce n’est pas le début de la fin du long conflit qui oppose Washington au Venezuela. Cela marque la fin du début et le début d’une phase bien plus difficile et périlleuse. »

Un triomphe romain sans victoire dans la guerre des Gaules n’est plus qu’un « spectacle impérial », comme le nomme l’universitaire Miguel Tinker Salas dans un entretien accordé à l’Humanité. Nicolás Maduro ne semblait pas être la clé de voûte du système puisque ce dernier ne s’est pas écroulé. Si, une semaine après l’opération « Absolute Resolve », on en mesure encore...