"Montagne pour rédiger, plage pour réviser !", le questionnaire de Proust de Luca Brunoni, écrivain

Le romancier et scénariste Luca Brunoni, né à Lugano dans le Tessin, la partie italophone de la Suisse, partage son temps entre l'écriture et l'enseignement. En France, il a été remarqué après la traduction de son roman Les Silences. Dernier livre paru En surface (éditions Finitude).

Franceinfo Culture : Cet été, êtes-vous plutôt travail ou sieste ?
Luca Brunoni : Travail, je vais terminer mon nouveau manuscrit et préparer la rentrée… scolaire ! (Je suis enseignant).

En vacances, êtes-vous montagne ou plage ? Nord ou sud ?
J'aime bien varier ! Mais si je dois choisir, sud et plage (avec un bon roman). Quant à l'écriture… Montagne pour rédiger, plage pour réviser !

Parlons création : êtes-vous du matin ou du soir ?
Du matin, avec une routine assez précise lorsque je suis en phase de rédaction. Je me lève tôt, j'écris mille mots et je pars au travail.

Stylo ou clavier ?
Clavier. Il m'arrive de prendre des notes manuscrites, mais la rédaction se fait à l'ordinateur – qui est toujours posé sur mes genoux, jamais sur une table.

Quel est le livre que vous n'avez toujours pas lu ?
Ulysse de Joyce, que j'ai acheté il y a très longtemps, et qui me regarde de travers depuis ma bibliothèque…

Votre meilleur souvenir d'écrivain ?
Lorsque je suis coincé pendant l'écriture, et tout d'un coup, en faisant autre chose – pendant une course dans la forêt, par exemple – je trouve la solution.

Votre cauchemar ?
Dans le contexte de l'écriture, la relecture des dernières épreuves… Car je sais qu'après, je ne pourrai plus rien changer !

Si vous étiez un livre, lequel serait-il ?
Ayant travaillé dans le droit, je me vois bien dans La Défense Lincoln, en train d'étudier des dossiers assis à l'arrière d'une Lincoln Navigator… avec mon ordinateur sur les genoux.

Quelle phrase a bouleversé votre vie ?
Quant à ma vie de lecteur, l'incipit d'un texte qui m'a initié au roman noir américain (Le facteur sonne toujours deux fois) : "Ils m'ont jeté du camion à foin vers midi". Pas mal comme début d'histoire, non ?

Quels sont les personnages que vous avez détestés ?
Dans La Demeure éternelle de William Gay, il y a l'un de mes "méchants" préférés en littérature, Dallas Hardin : impossible de ne pas le détester !

Et ceux qui vous ont toujours accompagné ?
Baudolino, le protagoniste du roman du même titre, car il m'a beaucoup fait rire. Et Nick Corey, le Sheriff de Pottsville, 1 280 habitants : le narrateur non fiable par excellence !

Quel est le lieu où vous êtes chez vous ?
Lugano, la ville où j'ai grandi, dans la partie italophone de la Suisse. Et plus en général, le canton du Tessin, qui est magnifique.

Quel est le lieu qui vous inspire ?
Les lacs sont très présents dans ma vie et dans mon imaginaire. Une lectrice m'a dit que dans mon dernier livre, En surface, le lac est un véritable personnage… Je pense qu'elle a raison.

Quelle est la question qui vous horripile ?
"Comment ça se fait que tu parles si bien italien ? Je croyais que t'étais suisse !"

Et celle qu'on ne vous a jamais posée ?
Celle que l'on me pose plus : "Tu prends quoi comme pizza ?" Je choisis toujours la même, une margherita – simple et inégalée !

Pourquoi avez-vous choisi cette photo en particulier pour illustrer le questionnaire ?
Parce que je suis en train de lire l'un des livres cités, Le facteur sonne toujours deux fois.