Réforme de l'assurance-chômage : le gouvernement mise sur 3,6 milliards d'euros d'économies et la création de 90 000 emplois

Le gouvernement, qui s'apprête à reformer de nouveau l'assurance-chômage, attend que la réforme de l'assurance chômage dégage 3,6 milliards d'euros d'économies et permette la création de 90 000 emplois supplémentaires, selon les objectifs donnés par la ministre du Travail aux partenaires sociaux. Ils ont été confirmés par le ministère du Travail, mercredi 22 mai.

L'exécutif espère atteindre ces objectifs en réformant les règles d'indemnisation des chômeurs par un décret, dont les contours sont présentés par la ministre Catherine Vautrin à plusieurs organisations syndicales et patronales, avant une annonce formelle la semaine prochaine.

Gabriel Attal avait annoncé, le 27 mars, une nouvelle réforme de l'assurance-chômage afin de combler un déficit public en hausse. Le Premier ministre envisageait notamment de réduire de plusieurs mois la durée d'indemnisation des demandeurs d'emploi. Cette annonce a été vivement critiquée par l'opposition et les syndicats.

La troisième réforme de l'assurance-chômage en six ans

Le syndicat CFE-CGC a déclaré, après une rencontre avec la ministre du Travail, que "les conditions d'affiliation seront durcies" et affirme qu'il faudra désormais avoir travaillé huit mois dans les vingt derniers mois, au lieu de six mois dans les vingt-quatre derniers mois actuellement. Le ministère du Travail a confirmé cette piste, précisant que "la ministre a souhaité présenter toutes les options sur la table en transparence et mener une véritable concertation".

Dans un entretien à l'Express paru mercredi, Emmanuel Macron loue une réforme qui "va renforcer l'efficacité de notre système d'indemnisation et les incitations au travail". Il s'agit de la troisième révision de l'assurance-chômage en six ans, après deux réformes contestées en 2019 et 2023. Ces dernières ont globalement augmenté la durée de cotisation et réduit les indemnités. En 2023, le gouvernement a également ajouté la possibilité de moduler ces paramètres en fonction du taux de chômage.