Notre critique de Franz K. : tout sur Kafka

Notre critique de Franz K. : tout sur Kafka

Franz Kafka est incarné par le jeune acteur Idan Weiss, très convaincant. Bac Films

CRITIQUE - Agnieszka Holland dresse un portrait fragmenté de l’auteur de La Métamorphose, oscillant entre réalisme et onirisme.

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Le monument est en béton armé, la légende gravée dans le marbre avec ses best-sellers, ses amours compliquées, son univers absurde, sa courte vie. Le sujet Kafka est tellement vaste qu’on se demande par quel bout le prendre. Alors qu’un film sorti en 2024 (Kafka le dernier été) portait sur son coup de foudre pour l’institutrice Dora Diamant, Agnieszka Holland a choisi de tout embrasser dans Franz K. Un titre qui dit l’intention, la volonté de décrypter l’homme derrière la légende et ses énigmes.

Lui-même n’a jamais su qu’il deviendrait une légende même si pour son petit cercle d’amis intellos admirateurs, il est « le génie que nous attendions tous ». Il est à part dès l’enfance, à l’âge tendre où le cueille la cinéaste, dans l’appartement praguois de cette famille où chacun vocifère, surtout le père. Problème : l’enfant ne supporte pas le bruit. Aujourd’hui, on le diagnostiquerait hypersensible.

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Vache à lait touristique

À l’époque, les pères ne l’entendent pas de cette oreille, ils veulent de dignes successeurs pour leurs affaires et lorsqu’il emmène ce gamin malingre à une leçon de natation le père Kafka ne trouve rien de mieux que le jeter à l’eau. Tu seras un homme mon fils et commerçant par-dessus le marché. Lui veut juste être écrivain, passionnément, de tout son être, toute la journée et la nuit surtout. Les mots l’assaillent, il les choisit avec un soin maniaque ne veut pas que l’on plaisante avec.

Agnieszka Holland raconte cette vie de manière fragmentée, passe du réalisme à l’onirisme sans crier gare. Elle fait des incursions dans la tête pleine de cauchemars de l’auteur de La Métamorphose (le jeune acteur Idan Weiss se révèle très convaincant), met en images La Colonie pénitentiaire (malaise dans la salle), montre les visions prémonitoires d’un homme sur ce début de siècle annonçant le chaos. Elle filme aussi la vie quotidienne dans ce Prague du début XXe, ses salons littéraires, ses bordels, ses bureaux d’assurance, ses décors champêtres où la bourgeoisie vient se promener et se baigner.

Elle insère dans la biographie des images de la capitale tchèque contemporaine, sur les traces d’un Kafka devenu une vache à lait touristique et l’on voit un guide montrer l’endroit où l’écrivain prenait ses bains de soleil au bord de la rivière. certains s’y allongent. Cette coquetterie finit par alourdir le propos très documenté et porté par la connaissance fine qu’a la cinéaste de l’œuvre et de l’homme.

La note du Figaro: 2,5/4

Информация на этой странице взята из источника: https://www.lefigaro.fr/cinema/notre-critique-de-franz-k-tout-sur-kafka-20251119